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Côte d’Ivoire/Rébellion 2010: le ministre Hamed Bakayoko est-il impliqué dans l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly, dit IB ?

Vincent Duhem, journaliste à Jeune Afrique, retrace l’assaut final du 27 avril 2011 qui vu la mort d’Ibrahim Coulibaly, dit IB.

L’assaut final. Le 27 avril au petit matin, l’armée ivoirienne lance l’assaut contre le quartier de PK, 18 à Abobo. Chérif Ousmane, Issiaka Ouattara, alias Wattao, Zakaria Koné ou encore Hervé Touré Pelikan, dit Vetcho : tous les anciens commandants de zone, ceux qui ont préparé la rébellion de 2002 avec IB, sont présents, tout comme le général Michel Gueu, alors chef de cabinet de Soro. Apprenant qu’une opération a été lancée contre lui, IB a intimé à ses hommes l’ordre de déposer leurs uniformes et de se fondre dans la population.

Lui non plus ne compte pas se rendre. « Je ne quitte pas la zone. Je vais me cacher », confie-t-il à un ami au téléphone. Une dizaine d’éléments sont encore avec lui. Les heures passent, IB est toujours introuvable, mais l’étau se resserre. Il n’a plus que six fidèles avec lui, dont son petit frère. Ils se sont cachés dans une petite maison, où vit une famille avec enfants.

C’EST L’UN DE CES APPELS QUI PERMETTRA À HAMED BAKAYOKO, ALORS MINISTRE DE L’INTÉRIEUR ET DE LA SÉCURITÉ, DE LE LOCALISER.

IB multiplie les appels, à des proches, à des journalistes et même à certains responsables du nouveau pouvoir d’Abidjan. Il dit vouloir être exfiltré par l’Onuci. Les partis civiles affirment qu’IB était vivant à la fin de l’assaut et qu’il s’est rendu avant d’être emmené. Selon plusieurs sources sécuritaires, c’est l’un de ces appels qui permettra à Hamed Bakayoko, alors ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, de le localiser. L’escorte demandée n’arrivera jamais. La maison dans laquelle se trouve IB est encerclée.

Il est près de 19 heures. Moussa* (le nom a été modifié) s’en souvient comme si c’était hier. Pendant la rébellion, il a été le bras droit de l’un de ces principaux comzones. « En arrivant devant la maison, nous avons réussi à faire sortir cinq membres de la famille. Les éléments d’IB ont répliqué par une rafale de PKM et nous ont lancé une grenade. Plusieurs soldats ont été blessés, dont moi. Un autre est mort », raconte ce grand gaillard de 38 ans dans l’obscurité d’une cour commune de Yopougon.

Les éclats de grenade sont encore visibles sur son bras gauche et sur sa jambe. La maison est prise d’assaut. Rafales de kalachnikov, tirs au lance-roquette RPG. IB a-t-il été tué à ce moment-là ? C’est ce que dit la version officielle.

Plusieurs membres de l’ex rébellion le confirment. Un soldat présent ce soir-là précise : « Nous avons trouvé son corps dans la maison. Il était inconscient. Dans sa veste, il y avait des tas de papiers. Certains ont cru que c’était de l’argent, mais c’était des centaines de cartes de visite ».

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