« Si la Côte d’Ivoire de la sécurité militaire et des espoirs de relance économique est réelle, celle de la qualité de vie, de la paix des cœurs et des esprits est loin de l’être. A l’observation, la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui se résume à la prospérité et à l’arrogance des membres du Rhdp et leurs seuls alliés sous un fond ethnique aussi inconfortable qu’inquiétant. C’est le temps du chef infaillible qui, jamais, n’a pu se tromper, ni ne saurait se tromper et ne pourrait même se tromper !» [L’appel de Daoukro] est une option suspecte, peu saine, et indiscutablement maladroite qu’il nous faut dénoncer et refuser, ne serait-ce que pour des raisons éthiques : n’hésitons pas à le dire, cet «Appel» aux fondements douteux est une invite insidieuse à la tricherie ! Oui, c’est tricher que de chercher à se faire élire sans adversaire de poids- par conséquent, de manière hautement anti-démocratique. C’est tricher que de se lancer dans de sombres combines appelées réglages avant le scrutin (…)
Les faits disent qu’en Afrique, qui détient le pouvoir exécutif, détient ou détiendra le législatif, toute la superstructure et le système de production et de distribution des richesses nationales. Alors, que gagne le Pdci-Rda à renoncer à conquérir le pouvoir d’Etat ? Rien. Rien d’autre que le spectre de son extinction future et programmée (…). Dans le contexte historique actuel, renoncer à reconquérir l’exécutif (perdu à la suite d’un coup d’Etat, donc, d’un acte antirépublicain) revient pratiquement, outre valider et légitimer ce putsch, à céder définitivement (ou pour un très long temps) au Rdr la place de leader historique qu’il avait occupée. Il est fort à parier que le Rdr fera tout pour maintenir à jamais cet ascendant sur le Pdci-Rda (…)
Les présidents Bédié et Ouattara sont libres d’envisager de créer un nouveau parti mais non de s’atteler à créer un pseudo-parti nouveau sur le fumier du Rda dont l’auréole historique aura donné au Pdci, poids, valeur, respectabilité et fidélité des militants de la cause anticoloniale à son combat et à sa trajectoire (…)
Oh, comme j’aurais voulu, président Ouattara, que vous ne vous présentassiez pas à ce scrutin ! Laurent Gbagbo en prison, Henri Konan Bédié mis hors course par les textes, vous restez le dernier du trio infernal qui a conduit la Côte d’Ivoire dans la fournaise.
Votre départ à la «retraite politique» aurait sans doute sonné la fin du cycle maléfique – les temps de tornade, de feu et de plomb qui ont sérieusement abîmé ce pays ! Et la Côte d’Ivoire entamerait ainsi un cycle nouveau, avec des hommes nouveaux et de nouvelles espérances pour une nouvelle histoire nationale sans cette culture de la violence qui nous a tant divisés ».
Le titre est de la rédaction
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