
L’accord a été signé fin mai par le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, et le ministre de la Défense de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Win Bakri Daki, avant l’ouverture de la réunion du Forum États-Unis/Îles du Pacifique, réunissant les dirigeants de quatorze États insulaires du Pacifique Sud à Port Moresby.
Cet accord permet aux États-Unis de stationner des troupes et des navires dans des aéroports clés, ainsi que dans des sites tels que la base navale de Lombrum, sur l’île de Manus, et un port maritime dans la capitale Port Moresby. L’accès à Lombrum pourrait être utilisé pour renforcer les installations américaines sur l’île de Guam, au nord, qui pourraient jouer un rôle important en cas de conflit à Taïwan.
Un enjeu clé face à Pékin
Washington tente de séduire les pays du Pacifique par des incitations diplomatiques et financières, en échange d’un soutien stratégique. Riche en ressources naturelles et proche des principales routes maritimes, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est ainsi devenue un enjeu clé du bras de fer diplomatique entre Washington et Pékin.
Les entreprises chinoises se sont emparées de mines et de ports dans le Pacifique et ont signé, l’année dernière, un pacte de sécurité secret avec les Îles Salomon voisines, qui permet à la Chine d’y déployer des troupes.
Le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, a défendu l’accord face à une vague de protestations accusant le pays du Pacifique de renoncer à sa souveraineté. « Nous avons laissé notre armée s’affaiblir au cours des 48 dernières années », a-t-il déclaré au Parlement mercredi soir. « La souveraineté se définit par la robustesse et la force de l’armée », a-t-il estimé. L’ancien Premier ministre Peter O’Neill a déclaré que l’accord était une cible dans le dos de son pays.


