
« Ca fait plus de dix ans que j’aime ce joueur, confie Monsieur Lin, architecte à Xian dans le centre du pays. Et là il vient en Chine en personne. J’ai pris un billet dans la zone VIP. Cela m’a coûté plus de 2300 euros et j’ai dû recourir à des relations pour l’obtenir. C’est cher, mais ça vaut vraiment, vraiment le coup. Parce que je veux voir mon idole. »
16 000 yuans la place VIP, le stade des Travailleurs n’a jamais aussi mal porté son nom. Mais dans un football chinois plombé par les scandales et la corruption où l’équipe nationale ne s’est pas qualifiée pour la Coupe du Monde, Messi est une véritable résurrection. Les amateurs de football venus de toute la Chine scandent son nom, à chaque fois que l’international argentin est moins de trois mètres du ballon. Comme d’autres marqueurs de la vie sociale, le sport et en particulier le football a beaucoup manqué pendant les années Covid en Chine. Les supporters chinois savourent cette rencontre de haut niveau
À la deuxième mi-temps, juste avant le deuxième but argentin signé German Pezzella, un inconnu jaillit sur la pelouse avec un tee-shirt aux rayures bleues et blanches. L’homme prend Lionel Messi dans ses bras, avant de se faire attraper par les agents de sécurité. Là encore, les spectateurs exultent. Le match peut reprendre. Noyanshi vient du Sichuan à l’ouest du pays. Jeune diplômée sans emploi, elle a gagné son billet à la loterie. « J’ai gagné ce ticket sur la plateforme, j’ai tellement de chance. Les fans sont chauffés à blanc, ça valait vraiment le déplacement. Il n’y a pas l’enjeu d’une Coupe du Monde, c’est vrai, mais il y a Messi et l’atmosphère est magique. »
Léo Messi a répondu à des fans triés sur le volet sur la plateforme de e-commerce Taobao pendant 10 minutes cet après-midi avant le match. Messi sur les tatouages, les goodies et sur des photos dédicacées de la star vendues 100 yuans – près de 14 euros – à la sortie du stade. « Ce sont des vraies », demandent un intéressé ? Le vendeur botte en touche : « ce sont des souvenirs qui rendent heureux », dit-il, alors que son client est happé par une armée de tee-shirt numéro 10 aux couleurs de l’Argentine. Les avenues autour du stade sont en quelques minutes transformées par une marée Albiceleste canalisée par des barrières. 10 000 policiers ont été mobilisés pour l’évènement, selon les organisateurs.
Le numéro 10 cloné par des dizaines de milliers de spectateurs qui ont dépensé entre 300 et 2000 euros la place. Le stade des travailleur n’a jamais aussi mal porté son nom, même si certains ont gagné leur billet à la loterie. pic.twitter.com/XQjivhv4ru


