Dans une interview accordée à ”Jeune Afrique” en date du 15 février 2015, le président burkinabé a évoqué, entre autres sujets, les relations entre son pays et la Côte d’Ivoire.
Concernant la présence du président déchu Blaise Compaoré sur le sol ivoirien, le président de la transition du Faso a rassuré que cela n’affecte en rien les relations empreintes de ”fraternité et d’amitié”entre son pays et la Côte d’Ivoire.
Michel Kafando, le diplomate à la retraite appelé pour diriger la transition politique au Burkina, excelle décidément dans l’art de souffler le chaud et le froid. Après avoir récemment jeté un véritable pavé dans la mare au sujet des relations ivoiro-burkinabé, il vient de rectifier le tir, en évoquant plutôt des relations ”tellement intimes” entre les deux pays.
Le chef de la transition a fait savoir dans l’interview accordée à l’hebdomadaire panafricain, que la Côte d’Ivoire est la seconde patrie pour quelque trois millions de Burkinabé. Le N° 1 du Faso a aussi souligné que l’asile accordé à l’ancien président Compaoré n’affecte en rien ses relations avec Alassane Ouattara, le président ivoirien : « je vous assure que nous n’avons jamais fait de difficulté au président Ouattara ou au gouvernement ivoirien, concernant la présence de M. Compaoré. Jamais », a-t-il affirmé. Ces propos tranchent bien pourtant avec ceux tenus il y a un peu plus d’un mois par M. Kafando, lorsque celui-ci recevait le 6 janvier 2015, les organisations de la société civile et les dirigeants de partis politiques, pour leur faire le bilan des activités de la transition. Le locataire du palais de Kosyam, lieu de la rencontre, s’était montré quelque peu méfiant vis-à -vis de la Côte d’Ivoire, lorsqu’il évoquait la question des prochaines élections dans son pays: « Encadrer le vote de nos ressortissants en Côte d’Ivoire, la plus forte communauté que nous ayons à l’étranger, risque d’être assez difficile », a estimé le président de la transition, avant d’être plus explicite : « J’ai peur que le danger ne vienne de là-bas, parce qu’on n’a pas assez d’amis actuellement en Côte d’Ivoire ». La réponse du gouvernement ivoirien ne s’est pas fait attendre.
A l’issue du conseil des ministres hebdomadaire, Bruno Koné, le ministre de la Poste et des TIC, et porte-parole du gouvernement, s’est voulu rassurant : « aucun danger ne viendra de la Côte d’Ivoire. Notre pays fera tout pour maintenir les relations excellentes qu’ils a eues par la passé avec le Burkina Faso ». Cette mise au point faite, les deux dirigeants ivoirien et burkinabé vont se retrouver le 31 janvier 2015 à Addis-Abeba en Ethiopie, en marge du 24e sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, pour dissiper tout nuage pouvant brouiller le ciel des relations entre leurs deux pays. A l’issue de l’entretien de plus d’une heure, que les deux hommes ont eu, Michel Kafando a affirmé que c’est ”une visite de courtoisie” qu’il a rendue à son homologue ivoirien. Au sujet des relations entre les deux pays, sa réponse a été sans ambiguïté : « Elles sont tellement intimes que nous sommes tenus de nous rencontrer à chaque occasion».
Dans l’interview accordée à JA, M. Kafando a également évoqué sa prochaine visite en Côte d’Ivoire, dans le cadre du traité d’amitié ivoiro-burkinabé. Quant à une éventuelle rencontre avec le président déchu Blaise Compaoré dont il avait pourtant été l’ambassadeur à l’Onu pendant une bonne dizaine d’années, il estime qu’il n’en voit pas la nécessité pour l’instant.
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