05142026Headline:

Le Burkina paralysé par une grève générale

michel kafando

Une grève générale a paralysé le Burkina, hier mardi 17 février. L’objectif des syndicats qui ont déclenché le mouvement est de contraindre le pouvoir de la transition a faire rapidement face aux problèmes urgents du pays.

La période de grâce semble bien courte pour Michel Kafando, le président de la transition et son Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida. L’euphorie qui a suivi la chute de Blaise Compaoré cède la place à un mécontentement général. Le nouveau pouvoir est accusé de traîner les pieds pour régler certains problèmes urgents du pays. Les griefs contre les nouveaux maîtres du pays sont nombreux: cherté de la vie, non-poursuite des auteurs de crimes économiques, manque de solution aux quelque 6000 personnes qui ont perdu leur boulot du fait de la fermeture des entreprises pillées durant la révolution et bien d’autres.

La grève de 48 heures déclenchée par les syndicats a été bien suivie. Hôpitaux, écoles, administrations, établissements financiers (banques, assurances, trésor public), le secteur de télécom, sont restés portes closes. Dans les grandes villes du pays, notamment Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya, Gaoua, le mouvement a été largement suivi. Les syndicats demandent surtout une baisse sensible du prix du carburant. Le président de l’Union d’action syndicale (Uas), Paul Kaboré, a prévenu que si le gouvernement ne réagit pas, une marche de protestation sera organisée.

Dans l’interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique (N° 2823 du 15 au 21 février 2015), le président de la transition évoquait justement la trop grande impatience de ses concitoyens à voir les changements s’opérer. La tâche la plus difficile pour lui aujourd’hui, dira t-il, « c’est sans doute de faire comprendre à la population qu’il faut être patient. Lorsqu’un pouvoir est issu d’une insurrection, comme c’est le cas au Burkina Faso, des gens ont tendance à penser que la transition doit vite régler tous les problèmes. Or, il a d’abord fallu restaurer la continuité de l’État, qui s’était arrêté pendant deux semaines, faire redémarrer l’économie, assurer la sécurité des Burkinabè…Mais, les gens voulaient que l’on aille vite, que l’on procède à des limogeages et à des arrestations, que l’on empêche tous ceux qui étaient liés à l’ancien régime de continuer à jouer un rôle ».

Les autorités de la transition sont-elles capables de satisfaire les exigences des syndicats? Le tandem Kafando-Zida ne dispose pas, hélas, d’une baguette magique pour changer du jour au lendemain la vie des Burkinabé. A moins d’un an des élections générales, c’est une tâche quasiment impossible.

L’inter

What Next?

Recent Articles