Virage à 180 degrés du président du parti démocratique de Côte d’Ivoire ( Pdci-Rda), Henri Konan Bédié. Alors que les travaux du pré-congrès et le congrès extraordinaire démarrent le 21 février 2015, l’ancien chef de l’Etat a entrepris de négocier avec les candidats déclarés.
Il s’agit, notamment de l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, de l’ex-ministre Essy Amara, du député Kouadio Konan Bertin dit K.K.B. Mais, si l’on en croit des sources proches du président de l’ancien parti unique, l’initiative de prendre langue avec ces candidats « n’est pas de lui ». « C’est le bureau politique qui a instruit le président de rencontrer ces candidats pour leur expliquer le bien-fondé de l’Appel de Daoukro », nous a révélé, le 18 février 2015, en début d’après-midi, Emile Ebrotié, en charge de la communication du président du Pdci. Lambert Kouassi Konan, ancien ministre et cadre du Pdci, a été, selon lui, désigné pour coordonner ces négociations qui ne visent pas « à demander aux candidats de se retirer, mais les mettre en face de leurs responsabilités devant l’histoire ».
Bédié qui a échangé lundi 16 février à Daoukro avec Essy Amara, a regagné, mercredi, la capitale économique en vue d’honorer le calendrier des rencontres déjà établi par l’équipe de Lambert Kouassi Konan. « Nous n’allons pas leur forcer la main. Ceux qui veulent venir à la rencontre avec le président Bédié sont libres de venir ou de ne pas venir » a encore poursuivi Emile Ebrotié. Ces rencontres visent « à expliquer la position du parti. Libre à eux d’accepter ou non. On n’a pas besoin de l’unanimité dans un parti » a insisté notre interlocuteur.
Emile Ebrotié soutient, mordicus que « ce sont ceux qui n’avaient pas suivi le mot d’ordre de Bédié, appelant les militants du Pdci-Rda à voter le président Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle de 2010 qui se révèlent aujourd’hui au grand jour ». « Ils constitueront toujours une minorité au Pdci avec leur 3 % recueillis au 12 ème congrès, mais aussi à la présidentielle de 2010 » fait valoir Emile Ebrotié qui se lance dans un calcul arithmétique pour étayer son propos. « En 2010, au premier tour, le président Bédié a obtenu 25 %, Gbagbo 36 % et le président Ouattara, 32 %. Si l’on additionne les pourcentages des présidents Bédié et Ouattara on devrait obtenir 57 % en faveur du président Alassane Ouattara au second tour. Mais, il a été élu avec 54 %. Cela veut dire que ce sont les 3 % qui ont manqué à l’appel en 2010 qui s’agitent aujourd’hui. C’est une minorité agissante qui fait du bruit pour rien. Nous sommes sereins, nous n’avons aucune inquiétude quant à l’issue du congrès extraordinaire » a martelé Emile Ebrotié.
Signalons qu’un congrès extraordinaire du Pdci est prévu le 28 février 2015 à Abidjan au Palais des Sports de Treichville. Les militants devront choisir entre « l’Appel de Daoukro » lancé par le président du parti en faveur du chef de l’Etat Alassane Ouattara « afin qu’il soit ainsi le candidat unique du Rhdp en 2015 » et la résolution du 12e congrès qui veut que le Pdci-Rda présente un candidat qui soit, notamment, un « militant actif » à l’élection présidentielle d’octobre 2015. Le président du Pdci sait qu’il joue gros dans cette affaire, d’où sa volonté d’unir tout le monde autour de lui, y compris « les irréductibles ».
Armand B. DEPEYLA
Soir info



