
Annoncé avec ferveur, le congrès organisé par Pascal Affi N’Guessan a ouvert ses portes le 9 novembre 2024 dans la capitale politique ivoirienne, mais au prix de nombreuses controverses et d’irrégularités. Cette première journée a été marquée par deux événements majeurs, qui illustrent la tension croissante au sein du Front Populaire Ivoirien (FPI).
Drame
D’abord, l’annonce du décès soudain du docteur Adolphe Blé Kessé, ancien Secrétaire national de la Jeunesse du FPI (JFPI), a jeté un voile de tristesse sur l’assemblée. Ce drame a semblé présager un climat tendu pour un congrès déjà critiqué pour sa préparation précipitée, perçue par certains comme un “acte de détermination aveugle” de la part de son organisateur.
Par ailleurs, prévu pour démarrer à 11 heures, la cérémonie d’ouverture n’a commencé qu’à 15 heures, un retard qui n’a fait qu’alimenter les frustrations parmi les participants. Bien qu’Affi N’Guessan ait espéré rassembler 7 000 congressistes à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, seuls trois quarts des 2 500 places de la salle ont finalement été occupés, marquant une mobilisation bien inférieure aux attentes.
Ce contraste est d’autant plus flagrant par rapport au 6ᵉ congrès extraordinaire de 2021, orchestré par l’ancien secrétaire général Issiaka Sangaré, qui avait attiré quelque 15 000 participants.
Un congrès au succès mitigé
Ces difficultés étaient prévisibles. Jamais dans l’histoire du FPI un congrès n’avait été entaché de telles divisions et d’aussi graves irrégularités : limogeage du président du congrès à la dernière minute, suspension de candidats soutenus par des courants influents, liste électorale contestée, et absence de consensus parmi les diverses factions du parti. Le courant « Démocratie et valeurs », en particulier, a choisi de boycotter l’événement, jugeant l’organisation incompatible avec les principes fondateurs du FPI.
La tension a atteint son paroxysme lorsqu’un incident a éclaté en pleine assemblée : Guillaume Vavi et Anie Raush ont été évacués de la salle après avoir demandé des explications sur le sort des membres suspendus. Un autre incident qui témoigne de l’ampleur des divisions au sein du parti.
“Avec ce congrès au succès mitigé, Pascal Affi N’Guessan devra peut-être accepter la réalité de sa position minoritaire”, analyse un cadre du parti. Pour l’avenir, ajoute-t-il, le parti devra se pencher sur l’organisation d’un congrès plus inclusif et transparent, permettant de réconcilier le FPI avec les valeurs démocratiques et l’unité qui ont forgé son identité.


