Les Etats-Unis envisagent de forcer Google à céder Chrome et à séparer Android de ses autres produits pour limiter son monopole sur la recherche en ligne.
EDIT du 21 novembre 2024 : Dans un document judiciaire, le ministère de la Justice américain a bel et bien réclamé ce mercredi une scission des activités de la filiale du groupe Alphabet, interdisant également à Google de signer des accords avec les constructeurs pour imposer l’utilisation par défaut de son moteur de recherche sur les smartphones. Le ministère veut aussi empêcher Google de tirer profit de son système d’exploitation pour mobiles Android pour promouvoir ses autres produits. Il réclame même que le géant technologique cède Android faute de proposer des évolutions dans ce sens.
Le ministère de la Justice américain prévoit de demander à un juge d’imposer des sanctions historiques à Google, déjà reconnu coupable de pratiques anticoncurrentielles dans la gestion de son moteur de recherche. Parmi ces mesures, le géant de la tech pourrait être contraint de se séparer de Chrome, son navigateur phare, en raison de son rôle central dans l’accès au moteur de recherche, un monopole sapant les chances des concurrents, rapporte l’agence Bloomberg ce lundi.
Google a donc été jugé coupable l’été dernier de pratiques illégales pour établir et maintenir son monopole dans la recherche en ligne par Amit Mehta, un juge fédéral de Washington. Ce dernier pourrait se prononcer sur la peine en août 2025, après avoir reçu la requête officielle des autorités courant novembre et entendu les deux parties lors d’une audition spéciale en avril 2025.
Une stratégie pour limiter le monopole
Selon Bloomberg, les autorités souhaitent également que Google dissocie Android de ses autres produits, tels que Google Search et la boutique d’applications Google Play. En parallèle, elles visent les nouveaux outils d’intelligence artificielle générative, en particulier les « AI Overviews », ces réponses instantanées qui réduisent le trafic des sites tiers et étouffent la concurrence.
Cette initiative marque un changement significatif dans la politique antitrust américaine, rappelant la tentative infructueuse de démantèlement de Microsoft il y a vingt ans. « Google pèse aujourd’hui 90 % du marché mondial de la recherche en ligne, et 94 % sur les smartphones », souligne le site StatCounter.
Les pratiques de Google au cœur des débats
L’été dernier, le procès avait révélé les sommes colossales investies par Google pour s’assurer que son moteur de recherche soit installé par défaut sur des appareils fabriqués par Apple et Samsung. Ces poursuites avaient été entamées sous Donald Trump et poursuivies sous Joe Biden.
Si le juge approuve les demandes des autorités, ces mesures pourraient transformer durablement le paysage numérique. Toutefois, Google prévoit de faire appel, ce qui pourrait retarder ces changements de plusieurs années. Sollicité par l’AFP, le ministère de la Justice n’a pas commenté l’affaire.



