L’Association Culturelle Zassa d’Afrique (ACZA), dirigée par Mme Martha Diomandé, a annoncé le lancement de la ‘’Caravane SOS Excision 2025’’ lors d’une conférence de presse tenue le samedi 1er février 2025 à la mairie d’Abobo. Cet événement marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’excision en Côte d’Ivoire et vise à intensifier les actions de sensibilisation sur le terrain.
Depuis 17 ans, l’ACZA mène un combat acharné contre l’excision en Côte d’Ivoire. Cette année, à l’occasion de la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines du 6 février, l’association initie une caravane qui sillonnera plusieurs villes du pays. L’objectif est d’impliquer directement les communautés locales afin de freiner cette pratique néfaste pour les femmes et les jeunes filles.
Les localités concernées par la première étape
Selon Mme Martha Diomandé, la première étape de cette caravane concernera les villes de Touba, Man, Zouan Hounien, Biankouman et Abidjan. Elle a également annoncé la participation du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), ainsi que plusieurs partenaires institutionnels et associatifs.
L’ACZA a mis en place une stratégie originale afin de toucher efficacement les populations concernées. Ainsi, la ‘’Caravane SOS Excision 2025’’ s’articulera autour de plusieurs événements festifs et éducatifs. Il s’agit du Festival Dan au Féminin, qui mettra en avant les cultures locales et leur rôle dans la lutte contre l’excision ; des galas de sensibilisation, réunissant des leaders communautaires et des victimes de l’excision pour témoigner et échanger ; des journées sportives féminines, favorisant l’implication des jeunes filles et des matrones dans la lutte contre cette pratique.
Cette année, nous avons eu l’idée de créer une caravane pour aller vers les populations
‘’Cette année, nous avons eu l’idée de créer une caravane pour aller vers les populations. Il faut impliquer les communautés dans la lutte contre l’excision. Le but est de les atteindre directement et de les amener à devenir elles-mêmes des ambassadrices de ce combat’’, a expliqué Mme Martha Diomandé lors de la conférence de presse.
L’ACZA mène ce combat en complément des actions gouvernementales, reconnaissant que l’État seul ne peut tout faire. L’association a donc adopté une approche participative en créant un large réseau de sensibilisation. ‘’Nous avons divisé la caravane en trois parties. Le mois de février sera consacré à la zone du Tonkpi, avec un lancement officiel prévu à Touba le jeudi 6 février 2025. Ensuite, nous nous rendrons à Man, Zouan Hounien et Biankouman, puis nous terminerons avec des actions à Abidjan’’, a précisé la présidente de l’ACZA
Des séances de sensibilisations dans les écoles
L’une des initiatives majeures de cette caravane consistera également à organiser des séances de sensibilisation dans les écoles, afin d’éduquer les jeunes générations sur les dangers de l’excision et l’importance du respect des droits des filles et des femmes.
Depuis sa création en 2005, l’ACZA a réussi à obtenir des résultats significatifs. Grâce à son travail de terrain, l’association a pu parrainer 500 enfants, dont 20 sont actuellement élèves au Lycée scientifique de Yamoussoukro. Ces jeunes bénéficient d’un accompagnement éducatif depuis la maternelle jusqu’en terminale et deviennent à leur tour des vecteurs de sensibilisation contre l’excision.
Aujourd’hui, ces enfants peuvent parler à leurs camarades des méfaits de l’excision
‘’Aujourd’hui, ces enfants peuvent parler à leurs camarades des méfaits de l’excision. C’est une forme de sensibilisation très efficace’’, a souligné Mme Diomandé.
De plus, l’action de l’ACZA a permis d’encourager plusieurs exciseuses à renoncer à cette pratique. ‘’Nous avons créé 21 associations dans autant de villages du Tonkpi pour poursuivre ce travail de sensibilisation. Certaines exciseuses ont accepté de déposer leurs couteaux, ce qui est une grande victoire’’, s’est réjouie la présidente de l’association.
Toucher plus de communautés
Avec la ‘’Caravane SOS Excision 2025’’, espère toucher encore plus de communautés et renforcer l’éradication de cette pratique en Côte d’Ivoire. En impliquant les autorités, les associations locales, les leaders communautaires et les victimes, cette initiative se veut un moteur du changement social et culturel.
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L’ACZA invite ainsi toutes les bonnes volontés à se joindre à cette lutte pour mettre fin à l’excision et garantir un avenir meilleur aux jeunes filles ivoiriennes.



