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Damana Pickass enfin condamné pour avoir déchiré les résultats en 2010 ?

Le procureur dément toute vengeance et affirme que cette condamnation n’a aucun lien avec les échéances électorales à venir.

La condamnation à dix ans d’emprisonnement de Damana Adia Pickass n’est pas un acte de vengeance en lien avec les résultats des élections déchirés en 2010, assure le procureur Braman Koné. Ce dernier a tenu à faire cette précision ce 13 février 2025 lors d’une conférence de presse organisée à Abidjan.

La veille, le tribunal criminel d’Abidjan a condamné le cadre du parti de Laurent Gbagbo à dix ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour, sauf sur son lieu de naissance et de travail.

Le prix d’un acte symbolique
Il a été acquitté des charges de détention d’armes de guerre, mais reconnu coupable d’atteinte à la défense nationale, de complot contre l’État, de participation à une activité mercenaire et d’association de malfaiteurs. Aucun mandat de dépôt n’a été émis, lui permettant de rester libre en attendant la procédure d’appel envisagée par ses avocats.

Le procureur avait requis 20 ans d’emprisonnement. Avant le verdict, soit le 11 février, Me Serikpa Roselyne Aka, l’une des cinq avocats de Damana Pickass, avait dénoncé un “procès politique” remontant aux événements de 2010. Elle avait affirmé que son client payait le prix de son acte symbolique lors de la crise post-électorale.

Face à ces accusations, le procureur Braman Koné a fermement rejeté toute idée de règlement de comptes. “Il ne s’agit pas d’un acte de vengeance”, a-t-il assuré. “Le procureur ne peut mener des actions pour se venger des actions de quelqu’un. Non. Le temps de la justice n’est pas celui des politiciens.”

Il a également écarté toute tentative d’écarter Damana Pickass de la scène politique à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre prochain. “C’est une coïncidence malheureuse (du fait que cette condamnation survienne) à quelques mois des élections”, a-t-il reconnu.

Et d’insister : “Damana Pickass n’a pas été poursuivi en sa qualité d’homme politique, mais pour des faits qui lui sont reprochés. C’est facile pour certains de prendre des raccourcis, mais moi, tant que la sécurité de l’État est menacée, je vais réagir avec la dernière énergie”.

“Hold-up électoral”
En 2010, alors commissaire à la Commission électorale indépendante (CEI), Damana Pickass avait interrompu la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle en arrachant et déchirant des documents officiels en pleine conférence de presse.

Dénonçant un “hold-up électoral”, il contestait la non-consolidation des résultats dans certaines régions, notamment celles sous contrôle des Forces nouvelles. Il réclamait une vérification approfondie avant toute proclamation officielle et dénonçait une annonce unilatérale des résultats de la diaspora.

Cet acte, largement médiatisé, avait marqué un tournant dans la crise post-électorale, exacerbant les tensions politiques en Côte d’Ivoire.

 

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