
Les syndicats ont élaboré un plan d’action abordant les revendications liées aux politiques de lutte contre le changement climatique. Ce plan comprend des actions concrètes telles que la sensibilisation, la formation des travailleurs agricoles et l’organisation de campagnes pour promouvoir des conditions de travail décentes. L’objectif est de permettre aux travailleurs de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques tout en préservant leurs droits.
Un plan d’action pour une transition juste
Marie Thérèse Tapé, Secrétaire Générale et membre du Comité Intersyndical des Jeunes de Côte d’Ivoire, a souligné avec rigueur l’implication syndicale dans le processus. « Les syndicats ont compris aujourd’hui la nécessité de s’impliquer, de s’inviter, de s’imposer dans la lutte contre le changement climatique en participant aux débats sur la transition juste, en tenant compte des droits des travailleurs, de leur protection sociale, de leur santé et de leur sécurité au travail. »
Mme Paredes Moreno a averti que « si l’on n’agit pas rapidement et de manière concertée, des milliers d’emplois dans l’agriculture, notamment dans la filière cacaoyère, risquent de disparaître, plongeant les jeunes travailleurs dans une précarité encore plus grande. »
Reconnaissant que les changements climatiques affectent négativement l’emploi, les organisations syndicales souhaitent être intégrées aux espaces de dialogue pour apporter leur perspective sur les politiques climatiques. Elles entendent participer activement à la révision des contributions déterminées au niveau national, actuellement en cours.
David Bli Blé, Secrétaire Général de la Confédération Ivoirienne des Syndicats Libres Dignité, a déclaré qu’« il faut que le monde du travail s’approprie pleinement la notion de transition juste pour que, dans le processus de développement face aux changements climatiques, nous, les leaders syndicaux, puissions encadrer les travailleurs de la meilleure façon possible afin que la transformation ne leur crée pas de désagréments. »
L’OIT appelle à une action concertée
Lors de l’ouverture de l’atelier, Mme Katia Paredes Moreno, spécialiste principale pour les activités des travailleurs au Bureau Pays Abidjan de l’OIT, a insisté sur la qualité du sujet. « Le changement climatique et son impact sur l’emploi des jeunes dans l’agriculture en Côte d’Ivoire est un sujet d’importance capitale pour l’avenir du pays et de sa jeunesse. »
Mme Paredes Moreno a recommandé : « Les syndicats doivent plaider pour des programmes de formation accessibles et adaptés aux réalités locales, afin que les jeunes puissent acquérir les compétences nécessaires pour faire face aux défis climatiques. »
Elle a rappelé que l’agriculture emploie environ 70 % de la population active ivoirienne, dont 45,5 % de jeunes, et contribue à hauteur de 30 % au PIB national. Cependant, les effets du changement climatique menacent sérieusement la productivité agricole et, par conséquent, l’emploi et les revenus des jeunes.
Protéger les filières clés et éviter la précarité
Le secteur du cacao, pilier de l’économie ivoirienne, est particulièrement vulnérable. Mme Paredes Moreno a averti que « si l’on n’agit pas rapidement et de manière concertée, des milliers d’emplois dans l’agriculture, notamment dans la filière cacaoyère, risquent de disparaître, plongeant les jeunes travailleurs dans une précarité encore plus grande. » Cette situation pousse de nombreux jeunes à envisager la migration, espérant trouver ailleurs des opportunités souvent inexistantes.
Face à ces défis, l’OIT exhorte les syndicats à œuvrer pour une transition écologique qui protège à la fois l’environnement et les droits des travailleurs. Cela implique la création d’opportunités d’emplois décents, la réduction des inégalités et le soutien aux communautés les plus affectées par le changement climatique.
Mme Paredes Moreno a recommandé : « Les syndicats doivent plaider pour des programmes de formation accessibles et adaptés aux réalités locales, afin que les jeunes puissent acquérir les compétences nécessaires pour faire face aux défis climatiques. »
Une transition juste nécessite des cadres nationaux intégrant les principes de justice sociale et environnementale dans toutes les politiques de développement. Les syndicats ivoiriens sont désormais déterminés à jouer un rôle actif dans ce processus, garantissant que la lutte contre le changement climatique se fasse dans le respect des droits des travailleurs et en faveur d’un avenir durable pour la jeunesse agricole du pays.


