
Le Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (Synapci) hausse le ton face à ce qu’il considère comme une indifférence des autorités à l’égard des producteurs de café et de cacao. Lors de la concertation tenue les 18 et 19 février 2025 à Daloa, sous la présidence de Koné Moussa, les délégués et coordinateurs venus des régions productrices ont analysé la situation de la filière et exprimé leur exaspération face à “’le silence persistant des autorités”’ sur leurs revendications.
Un sentiment de mépris ressenti par les producteurs
Les participants à la concertation ont interprété l’absence de réaction du gouvernement comme un manque de considération envers les producteurs. Pour eux, le défaut de dialogue affaiblit la confiance des acteurs de la filière et menace la stabilité économique du secteur.
Parmi les sujets de préoccupation majeurs, la question du reversement aux producteurs occupe une place centrale. “Le reversement se fait au Trésor public et c’est un montant considérable. Nous demandons au gouvernement de reverser 500 milliards de francs CFA aux producteurs, car cette somme constitue un manque à gagner dans le prix du cacao annoncé aux paysans”, a déclaré Koné Moussa. Il a ajouté que si l’État doit bénéficier de la production, il prélève déjà des droits au Trésor, auxquels s’ajoutent plusieurs taxes d’enregistrement.
Aujourd’hui, les paysans vivent dans la misère
Le mode de fixation des prix et le système de commercialisation de ces produits d’exportation font l’objet de critiques acerbes. ‘’Aujourd’hui, les paysans vivent dans la misère. Les producteurs sont mécontents. Nous ne comprenons pas les motivations des journées d’hommage. Sur quelle base sont-elles organisées ?’’, s’est interrogé le président du Synapci.
Koné Moussa a également dénoncé l’échec de la politique d’achat par anticipation des produits, estimant qu’elle ne reflète pas la réalité du terrain. “Cette approche n’apporte aucun bénéfice aux producteurs. Elle ne fait qu’aggraver leur vulnérabilité “, a-t-il souligné.
Des mesures concrètes exigées
Face à tous ces problèmes, le Synapci a adopté plusieurs résolutions. D’abord, le syndicat a décidé d’adresser un courrier au gestionnaire de la filière ainsi qu’au gouvernement pour réitérer ses revendications. Il exige des réponses concrètes et des engagements fermes en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des producteurs.
Toutefois, en cas d’absence de réponses satisfaisantes, le Synapci menace de lancer un préavis de grève, qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la production nationale de café et de cacao.
Le Synapci réaffirme sa volonté de défendre les intérêts des producteurs et exhorte les autorités à agir rapidement pour assurer une meilleure redistribution des revenus générés par ces cultures stratégiques.
L’avenir de la filière repose désormais entre les mains du gouvernement. En cas d’inaction, les producteurs, déterminés à se faire entendre, n’excluent pas une grève des producteurs, ce qui pourrait fragiliser l’économie ivoirienne dépendante de ces exportations.


