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Démission du Pape François : Les trois raisons évoquées par le Vatican

C’est l’heure des choix au Vatican. Le même scénario se répéterait comme aux temps de Benoît XVI en 2013. Pour officialiser la démission, il reste au Vatican d’appuyer sur le bouton rouge pour désactiver le Pontificat. En 2013, une lettre de démission anticipée en cas d’incapacité avait été signée par François. Deuxième mois d’hospitalisation pour une pneumonie bilatérale, le pape François, âgé de 88 ans, réfléchit à sa possible renonciation.
Le Pape argentin est vraisemblablement à bout de ses forces après ses énergies intenses déployées pour les réformes au sein de l’Église. A cet effet, le Vatican ferait appelle à trois éléments-témoins : l’application du droit canonique favorable, la convocation inattendue d’un consistoire et un état de santé dégradant.

Pâques sans le Pape
Le Saint Père est hors liturgie depuis des semaines. Crispé par la maladie, il pourrait annoncé la vacance du Saint-Siège. Hospitalisé depuis fin février pour une infection pulmonaire sévère, le souverain pontife voit son état s’améliorer, selon le communiqué du 10 mars. Toutefois, il doit poursuivre « une thérapie pharmacologique sur une longue période en milieu hospitalier ».

Sa voix chevrotante, perceptible dans un message audio diffusé le 6 mars, a mis en berne les fidèles. « En l’état, il ne peut assumer la Semaine sainte », souligne Antoine-Marie Izoard, ancien responsable de l’agence de presse du Saint-Siège. Le journaliste notifie l’impossibilité pour le pape de diriger les célébrations pascales, pilier du calendrier liturgique.
Opéré deux fois du côlon en 2021 et 2023, François utilise régulièrement un fauteuil roulant en public. « Si sa capacité à communiquer de manière incisive est compromise, il pourrait renoncer les jours à venir », avance le cardinal Gianfranco Ravasi sur RTL Italie.

Le précédent Benoît XVI et l’ombre du consistoire
La convocation d’un « consistoire ordinaire » le 25 février dernier, sans date fixée, a relancé les comparaisons avec 2013. À l’époque, Benoît XVI avait annoncé sa renonciation lors d’un rendez-vous similaire, officiellement dédié à des canonisations.

« François, contrairement à Jean-Paul II, accorde peu d’importance aux saints. Ce consistoire pourrait masquer cette annonce », analyse Bernard Lecomte, spécialiste de la papauté. Une source vaticane évalue à « 10 % les chances » d’une démission lors de cette réunion.

Le droit canonique en action
Le droit canonique (canon 332) autorise un pape à quitter ses fonctions s’il en exprime la volonté « librement ». Un cadre juridique rarement utilisé : avant Benoît XVI, il faut remonter à Grégoire XII en 1415. « Personne ne peut imposer cette décision au pontife », rappelle un canoniste romain à La Croix, excluant toute pression externe.

Le Vatican insiste sur la détermination de François à poursuivre sa mission. Proche des 90 ans, le pape argentin aurait fixé un cap : tenir au moins jusqu’à la fin du Jubilé de 2025, grand événement spirituel clôturé le 6 janvier 2026. Ce pèlerinage romain, centré sur la « miséricorde », représente pour lui un héritage implacable. « Il gouverne avec la tête, pas avec les jambes », a-t-il lui-même déclaré, minimisant les critiques sur sa mobilité réduite.
Pourtant, l’éventualité d’une démission plane. « Tout est possible », confient au journal Repubblica les cardinaux Jean-Marc Aveline (Marseille) et Juan José Omella Omella (Barcelone), soulignant l’âge avancé du pontife. Certains collaborateurs espèrent malgré tout une guérison : « L’option numéro un, c’est qu’il continue », confie un employé du Vatican au Parisien.

Un Vatican en attente
La prolongation de l’hospitalisation et l’absence d’agenda public renforcent les doutes. La Curie redoute un vide de pouvoir, tandis que les fidèles s’interrogent sur l’avenir d’une Église déjà divisée. La démission de François, premier pape jésuite et réformateur, lèverait le voile. Son style pastoral direct, axé sur les périphéries, contraste avec la rigueur de ses prédécesseurs.

Les cardinaux, conscients des enjeux, préparent discrètement l’après. Le prochain conclave devra trancher entre continuité et rupture, dans un contexte de défis globaux : crise des abus, déclin des vocations en Occident et tensions avec les conservateurs.

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