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France : L’acteur devant le tribunal correctionnel de Paris pour agressions sexuelles

L’acteur français Gérard Depardieu comparait depuis le 24 mars devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est accusé par deux femmes, une décoratrice et une assistante de réalisation d’agressions sexuelles survenues il y a quatre ans, lors du tournage du film Les Volets verts. Après cinq heures de débats, l’audience n’a pas réellement encore commencé sur le fond.
En début d’après-midi, c’est d’abord d’un pas claudiquant que Gérard Depardieu s’est avancé à la barre pour décliner son identité avant de s’asseoir sur un grand cube noir, comme les machinistes en utilisent sur les tournages, devant ses avocats et ses proches, notamment sa fille Roxane ou l’acteur Vincent Perez.

Gérard Depardieu qui est apparu plutôt à l’aise, saluant, serrant la main ou envoyant des baisers aux témoins qu’il a cités, dont l’actrice Fanny Ardant. « Je souhaite faire une déclaration préalable », avait indiqué le comédien au président. Mais elle attendra, car d’emblée, son avocat a pris la parole pour réclamer pendant près de deux heures l’annulation de la procédure.

Investigations à charge, selon l’avocat de Gérard Depardieu
Maître Jérémie Assous n’a pas hésité à aborder longuement le fond du dossier et, vindicatif, s’en est pris à l’enquêtrice et au procureur, parfois aux parties civiles, pour dénoncer des investigations à charge qui n’avaient, selon lui, qu’une mission faire tomber « le monstre sacré ».

« Alors qu’il n’y aura aucun doute à l’issue de ces actes que la vérité sera établie, les seuls qui s’y sont opposés avec énormément de vigueur sont les plaignantes. Je n’ai jamais vu de plaignantes qui refusent et qui font tout pour que la vérité ne se manifeste pas et c’est la raison pour laquelle nous n’avons eu de cesse de vous dire que ces accusations sont mensongères et inexactes », explique Maître Jérémie Assous.
« Si elles étaient fondées, elles ne craindrait pas de confronter leurs accusations avec un certain nombre de témoins, avec la configuration des lieux, avec des expertises médicales. Tout cela, elle le refuse. Tout élément objectif, incontestable et impartial est systématiquement refusé par les plaignantes. Il n’y a qu’une seule raison pour cela, c’est qu’elles craignent la vérité. Car une fois de plus, la vérité est de notre côté. Gérard Depardieu n’a jamais agressé ses plaignantes », assure l’avocat.

Des manœuvres dilatoires dénoncées par les parties civiles
Des parties civiles se sont offusqués de cette plaidoirie sur le fond qui viole le principe du contradictoire, mais surtout de ces bavardages, véritables manœuvres dilatoires pour faire perdre une heure puis une autre et éviter que son client soit enfin jugé sur les faits, a fustigé Maître Carine Durrieu-Diebolt. Car le temps est compté au vu de l’état de santé de l’acteur. L’expert médical a préconisé qu’il ne passe pas plus de six heures à l’audience.

Pour Maître Claude Vincent, avocate des plaignantes : « On a assisté à des manœuvres dilatoires sur manœuvres dilatoires. Sous prétexte de plaider des conclusions de nullité, on a plaidé 1h46 sur le fond du dossier. Il n’y a aucun respect du contradictoire, ce qui fait que nous ne sommes jamais destinataires des éléments de la défense, que ce soient les conclusions, les pièces… On n’a rien. La liste des témoins, on l’a découvert ce matin quand les débats étaient déjà ouverts », déplore Maître Claude Vincent. « Par ailleurs, il y a quand même une chose dont il faut avoir conscience, c’est que tout ce qui est dit de l’autre côté de la barre est faux. C’est factuellement faux. Ça ne correspond pas aux dossiers que nous on a entre les mains qu’on travaille depuis des mois. Donc oui, au bout d’un moment, si vous voulez, on perd un petit peu patience », ajoute-t-elle.

« Nous en tout cas, en tant qu’avocates de parties civiles, on respecte notre rôle », souligne Maître Claude Vincent. « On essaye justement de ne pas jouer de ne pas aller sur le terrain. Parce que vous aurez compris que, en réalité, l’objectif, c’est que les débats débordent pour que, en fait, les débats, au fond, contradictoires, n’aient pas lieu. Donc oui, évidemment, c’est compliqué pour les victimes. C’est compliqué d’être attaquées de la sorte, diffamées de la sorte et de ne pas pouvoir y répondre. J’espère juste qu’enfin, demain, on pourra aborder le fond du dossier. »

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