
Leur objectif supposé était étudié les possibilités logistiques d’exporter le manganèse de la mine de Tambao, au nord du Burkina Faso. Les discussions portaient sur les aspects techniques et une nouvelle réunion est prévue. Une information non justifiée, même s’il y avait des intentions allant dans ce sens.
Le port d’Abidjan dans le déni
Le Port Autonome d’Abidjan (PAA) balaie l’info d’un revers de main. Contacté par Linfodrome, un représentant affirme : « Nous ne sommes pas au courant d’une quelconque collaboration avec le Burkina Faso ou la Russie. » Même son de cloche du côté de l’ambassade russe et de la mine de Tambao, qui nient tout accord.
Pourtant, RT Business Development LLC, spécialisée dans les projets miniers, a bel et bien repris l’exploitation de Tambao en 2023, après le retrait du permis à la société afro-turque Pan African Minerals car l’État burkinabè n’a jamais perçu les redevances promises par l’ancien partenaire.
Le régime du capitaine Ibrahim Traoré mise sur Moscou pour relancer son secteur minier. En confiant Tambao à une entreprise russe, Ouagadougou espère « maximiser les retombées économiques ». Mais ce rapprochement n’est pas forcément contre-nature. Avec les relations tendues entre Alassane Ouattara et Ibrahim Traoré, un tel accord paraît improbable avec Abidjan. D’autant que le Burkina Faso privilégie désormais le port de Lomé (Togo) pour ses exportations.
Géopolitique minière : La bataille des corridors logistiques
Derrière cette affaire se cache un enjeu majeur : le contrôle des routes d’exportation des ressources africaines. La Russie, en quête d’influence en Afrique de l’Ouest, pourrait voir dans le port ivoirien un relais clé. Abidjan est un hub stratégique, mais la Côte d’Ivoire ne voudra pas braquer ses partenaires traditionnels comme la France ou les États-Unis. Pour le Burkina Faso, fragilisé par les sanctions de la CEDEAO, diversifier ses débouchés est vital. Lomé est plus sûr politiquement, mais moins équipé qu’Abidjan.
Pourquoi une délégation russe a-t-elle inspecté le port d’Abidjan ? Ce pourrait être une manœuvre pour tester les réactions ou faire monter les enchères avec Lomé. Une technique de diversion propre au milieu des affaires. Quoi qu’il en soit, cette rumeur révèle les fractures géopolitiques de la région.


