Aller au pays de l’Oncle Sam devient de plus en plus compliqué pour des millions d’Africains qui aspirent à un lendemain meilleur derrière l’océan. Au pays africain ne possède encore un droit d’entrée sans visa aux Etats-Unis. Les dernières mesures du gouvernement Trump 2.0 face à l’immigration irrégulière poussent davantage les ambassadeurs Etatsuniens établis sur le sol africain à adopter des restrictions dans la délivrance de visas.
Soit-il touristique, académique ou business, le visa américain est en phase de devenir un « sésame à rare » à s’en procurer. Les portes de l’Amérique ne seront plus ouvertes à toutes les bourses. Le visa sera très sélectif avec le blacklistage de 43 pays à travers le monde. Déjà, des cas consommés comme celui des Sierra Léonais et Tchadiens qui ouvrent la voie à une longue liste additionnelle pouvant tomber les jours à venir. Décryptage d’une fermeture en cascade.
Le visa américain, désormais un « sésame rare »
L’Amérique, un rêve de plus en plus lointain. L’Afrique confrontée au « mur de visas » de Trump 2.0. Alors que les restrictions migratoires se durcissent, obtenir un visa pour les États-Unis relève du parcours du combattant pour des millions d’Africains. Tourisme, études, affaires… Peu importe la raison, décrocher un visa pour les États-Unis est devenu quasi mission impossible pour de nombreux Africains.
Les ambassades américaines sur le continent durcissent leurs critères, suivant les directives de l’administration Trump 2.0 contre l’immigration irrégulière. Le visa sera très sélectif. Les portes de l’Amérique ne s’ouvriront pas à toutes les bourses. Le Sierra Leone et le Tchad sont les premiers pays touchés par ces mesures, mais une liste plus longue se profile. A rappeler qu’aucun pays africain n’éligible au Visa Waiver Program
Créé en 1986, le Visa Waiver Program (VWP) permet aux ressortissants de 43 pays (dont le Royaume-Uni depuis 1988) de séjourner aux États-Unis sans visa. Mais aucun État africain n’y figure. Pour en bénéficier, les pays doivent renforcer leur coopération antiterroriste et migratoire avec Washington. Cette exclusion est symptomatique des relations déséquilibrées entre l’Afrique et les États-Unis. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie cette rigueur par des « évaluations régulières des risques » pour la sécurité nationale.
Liste rouge, orange, jaune : L’Afrique triplement sanctionnée
Donald Trump a classé 43 pays en trois catégories, dont 20 africains :
-Liste rouge (interdiction totale) : Soudan, Somalie, Libye. Les ressortissants de ces pays ne peuvent même plus demander un visa.
-Liste orange (restrictions ciblées) : Tchad et Soudan du Sud. Seules certaines catégories de voyageurs (diplomates, étudiants) sont autorisées.
-Liste jaune (surveillance accrue) : 15 pays dont le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun, la RDC, le Zimbabwe. Les demandes seront traitées avec « une extrême prudence » pendant 60 jours.
Ces mesures frappent des populations déjà vulnérables. C’est une double peine pour des pays en crise. Les étudiants et entrepreneurs sont aussi touchés. L’Amérique se prive de talents africains au nom de sa sécurité nationale. Le Royaume-Uni reste un partenaire privilégié du VWP. Quant à l’Afrique, elle paie le prix d’un climat géopolitique tendu.
Ces restrictions creusent le fossé entre les États-Unis et le continent, à un moment où la Chine et la Russie y renforcent leur influence. Fermeture des visas, critères opaques, caprices de l’administration Trump 2.0 l’« American Dream » s’éloigne pour des millions d’Africains. Ces mesures renforceront-elles la sécurité des États-Unis ou alimenteront-elles simplement l’immigration irrégulière ?



