En riposte, la Chine a décidé d’imposer une surtaxe de 34 % sur toutes les importations de biens américains. Des turbulences sur les marchés internationaux qui risquerait fort bien de bouleverser les équilibres commerciaux mondiaux. Lesotho, l’Etat le plus touché par la mesure Trump se déchaine.
Dans un communiqué officiel, le ministère chinois des Finances a annoncé la nouvelle ardoise des USA. « Pour toutes les marchandises importées en provenance des États-Unis, un droit de douane supplémentaire de 34 % sera imposé en plus du taux des droits de douane actuellement applicables. » de son côté, Lesotho va privilégier le canal diplomatique pour tirer son épingle du jeu.
Impact sur les marchés financiers
Cette mesure, effective dès le 10 avril, représente une réponse directe aux droits de douane américains, lesquels ont déjà plongé les Bourses européennes dans la tourmente dès l’ouverture de Wall Street. Les places financières de Francfort à Londres en passant par Paris, ont enregistré des baisses significatives du fait de la nervosité des investisseurs face à cette escalade tarifaire.
La réaction immédiate des marchés ne s’est pas fait attendre. Vers 11H00 GMT, la Bourse de Francfort chutait de 5,08 %, tandis que Paris et Londres enregistraient des baisses respectives de 4,26 % et 3,90 %. Milan et Madrid ont même vu leurs indices dégringoler de 7,57 % et 6,02 %. Parallèlement, les cours du pétrole et du cuivre ont également connu des chutes de plus de 5 %, traduisant le coup de fouet sur l’économie mondiale.
Les analystes de Tokai Tokyo Securities sont dans l’embarras. « A en juger par les réactions des marchés mondiaux, l’incertitude est plus grande que jamais. » Ces propos soulignent que la situation affecterait durablement la confiance des investisseurs et la stabilité des échanges internationaux.
Les conséquences pour les pays africains
La guerre commerciale s’amenuise superpuissances et certains pays africains verront la fumée blanche se dégager. Le Lesotho, par exemple, est affaibli par des droits de douane de 50 %, les plus élevés jamais appliqués à un seul pays dans le cadre de cette offensive tarifaire. « Nous devons nous rendre d’urgence aux États-Unis pour dialoguer avec leurs dirigeants et plaider notre cause » a déclaré Mokhethi Shelile, ministre du Commerce du Lesotho.
Ce petit royaume enclavé, dont le PIB annuel atteint environ 2 milliards de dollars et dont l’industrie textile emploie près de 12 000 personnes, risque de voir ses usines fermer si aucune solution n’est trouvée rapidement. D’autres nations d’Afrique subsaharienne, telles que Madagascar (47 %), l’île Maurice (40 %), le Botswana (37 %), la Guinée équatoriale et l’Afrique du Sud (30 % chacune), se retrouvent également sous le coup de ces mesures punitives.
Le gouvernement malgache a d’ailleurs annoncé avoir contacté l’ambassade des États-Unis afin d’étudier les possibilités d’ajustement de ces nouvelles barrières tarifaires. Face à cette situation, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié les droits de douane d’« obstacle au commerce et à la prospérité partagée » et a insisté sur l’urgence de conclure un nouvel accord commercial bilatéral.
Les contre-mesures de l’incident
L’offensive protectionniste de la Maison Blanche, décrite comme « sans équivalent depuis les années 1930 », s’accompagne de majorations tarifaires supplémentaires sur des secteurs stratégiques, notamment l’acier, l’aluminium et les voitures importées. Ces nouvelles taxes, qui entreront en vigueur dès le 5 avril à 04H01 GMT, visent à toucher particulièrement les pays jugés hostiles en matière commerciale.
Pour l’Union Européenne, par exemple, des droits de douane additionnels de 20 % seront appliqués, en plus des tarifs déjà existants. Toutefois, la présidence américaine a laissé entrevoir la possibilité de négociations, tout en avertissant contre toute nouvelle mesure de représailles et menaçant de sanctions supplémentaires.
Le président français Emmanuel Macron a esquissé une riposte graduée, appelant à l’unité européenne et envisageant la suspension temporaire des investissements aux États-Unis. Parallèlement, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré qu’il fallait « supprimer » les droits de douane plutôt que de les multiplier par une surenchère.



