
Animée par Atta Djani Wilfried, chef de service à la Direction des grands comptes de O’Solutions et référent du guichet unique des opérateurs immobiliers, aux côtés de Mme Timité Mateka, directrice des grands comptes à la Sodeci, la session a mis l’accent sur la nécessité d’intégrer la gestion de l’eau dans la conception des projets immobiliers dès les premières phases.
Les résultats d’un sondage
Pour illustrer la gravité du problème, Atta Wilfried a dévoilé les résultats d’un sondage révélateur. Selon cette enquête, 35 % des résidents d’immeubles de plus de cinq étages ont déjà envisagé de déménager en raison des coupures fréquentes d’eau aux étages supérieurs. De plus, 72 % des locataires placent l’accès fiable à l’eau parmi les trois critères principaux dans le choix d’un logement, juste après la sécurité et la proximité des commodités. Fait encore plus alarmant, près de la moitié (48 %) des plaintes adressées aux syndicats de copropriété concernent des problèmes liés à l’eau : manque de pression, fuites, irrégularités de service.
À l’origine de ces dysfonctionnements, la faible pression de l’eau dans les réseaux domestiques, souvent insuffisante pour alimenter les étages élevés. Atta Wilfried a rappelé qu’un bar de pression équivaut à une hauteur manométrique de 10 mètres, ce qui, dans les conditions idéales, permet de faire monter l’eau jusqu’au troisième étage. Au-delà, des dispositifs techniques doivent impérativement être mis en œuvre.
L’expert a mis en garde contre le branchement direct des suppresseurs sur le réseau public
Parmi les solutions présentées, le stockage de l’eau dans des réservoirs intermédiaires et l’installation de systèmes de pompage avec suppresseurs ont été fortement recommandés. Toutefois, l’expert a mis en garde contre le branchement direct des suppresseurs sur le réseau public, une pratique malheureusement courante qui provoque des dégâts sur les canalisations, des baisses de pression, voire des coupures généralisées dans les quartiers. Il a donc insisté sur la mise en place de bâches à eau qui reçoivent l’eau du réseau avant d’être pompée vers les étages supérieurs.
Atta Wilfried a également évoqué l’exemple de la Tour F, le plus haut bâtiment de la capitale économique ivoirienne, comme modèle de bonnes pratiques. « En collaboration avec l’ensemble des structures impliquées dans ce projet, les recommandations techniques adéquates ont été appliquées », a-t-il rassuré.
Se rapprocher des structures compétentes dès la phase de conception
Pour garantir le succès de tout projet immobilier, il a appelé les opérateurs à se rapprocher des structures techniques compétentes dès la phase de conception. Il a également souligné que la problématique de l’eau dans les immeubles nécessite une implication conjointe des résidents, des promoteurs et de la Sodeci, afin de bâtir des solutions durables, respectueuses des normes et adaptées aux réalités locales.
Cette conférence a été l’occasion d’échanges nourris entre les experts et les promoteurs présents. Les préoccupations soulevées ont porté aussi bien sur les aspects techniques que sur les démarches administratives et réglementaires à suivre pour assurer un service continu d’eau dans les bâtiments.
Cette session à Archibat 2025 a rappelé l’urgence de considérer l’eau comme une composante centrale dans la construction d’immeubles modernes. Elle a également permis de poser les jalons d’une collaboration plus étroite entre les acteurs du secteur immobilier et les structures techniques, pour une meilleure qualité de vie des usagers urbains.


