Les députés français ont adopté, le vendredi 2 mai 2025 en commission une proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir ». Porté par Olivier Falorni (MoDem), le texte a été approuvé par 28 voix contre 15 (une abstention), après des débats intenses.
Ce vote ouvre de nouveaux jours sur la fin de vie en France, pays où l’euthanasie et le suicide assisté restent interdits. « C’est un pas vers l’humanité et la dignité », a déclaré Falorni, défenseur historique de cette cause. Le texte doit désormais être examiné en séance plénière à l’Assemblée nationale.
Les conditions strictes de l’« aide à mourir »
Le dispositif proposé s’adresse aux patients souffrant d’une « affection grave et incurable » en phase avancée ou terminale, dont le pronostic vital est engagé, et qui endurent des souffrances « insupportables ». Deux options sont prévues dont l’auto-administration d’une substance létale sous supervision médicale et l’administration directe par un professionnel de santé, si le patient est physiquement incapable.
Le gouvernement, bien que divisé, a assuré « respecter la liberté de vote » des parlementaires. « Des milliers de patients retrouvent une sérénité grâce à cette option », argue son président.
Un protocole strict encadre la procédure : consentement écrit, avis médical collégial, délai de réflexion, et possibilité de rétractation à tout moment. Le vote a révélé des divisions tranchées. Pour « La majorité des groupes de gauche (LFI, PS) » et Renaissance (Macronistes), ainsi que le MoDem. Contre « Le Rassemblement National (RN) et Les Républicains (LR) », qui dénoncent une « banalisation de la mort ».
Les arguments des opposants et partisans
Les détracteurs, notamment religieux et associations conservatrices, redoutent une dérive eugéniste. « Où s’arrêtera-t-on ? Demain, on euthanasiera les vulnérables », craint une militante de la Fondation Jérôme-Lejeune. Les soutiens, comme l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD), mettent en avant des exemples européens (Belgique, Pays-Bas). « Des milliers de patients retrouvent une sérénité grâce à cette option », argue son président.
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Si le texte passe l’étape de l’hémicycle, il devra affronter le Sénat, traditionnellement plus conservateur. Le gouvernement, bien que divisé, a assuré « respecter la liberté de vote » des parlementaires. Le président Macron, favorable à une évolution encadrée, a appelé à un débat « apaisé et respectueux ». La ministre de la Santé, Catherine Vautrin, rappelle que la loi Claeys-Leonetti de 2016 (sédation profonde) reste la base légale, mais admet « des failles face à des souffrances extrêmes ».



