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Portugal : le gouvernement annonce l’expulsion de 18 000 migrants en situation irrégulière

Le gouvernement portugais a créé la surprise ce samedi 3 mai en annonçant son projet d’expulser près de 18 000 immigrés en situation irrégulière dans un délai rapproché.
La déclaration a été faite par le ministre de la Présidence à la veille de l’ouverture de la campagne pour les élections législatives anticipées du 18 mai.
« Le Portugal est l’un des pays européens qui applique le moins d’expulsions malgré les ordres de quitter le territoire. Il faut revoir un système qui ne fonctionne pas », a déclaré António Leitão Amaro.
Dans un premier temps, 4 500 personnes recevront un ordre de départ volontaire avec un délai de 20 jours pour quitter le pays.
Le gouvernement privilégie cette option, faute de moyens logistiques suffisants pour mener des expulsions forcées massives.
Le Premier ministre sortant, Luis Montenegro, défend cette décision comme une nécessité de maîtriser les flux migratoires afin d’améliorer l’accueil des étrangers.
Selon l’AIMA, les étrangers représentent 15 % de la population du pays, avec 1,55 million de personnes recensées en 2024, contre deux fois moins cinq ans plus tôt.
Les travailleurs immigrés viennent principalement d’Asie, attirés par les secteurs du bâtiment, du tourisme et de l’industrie.
Mais l’administration est saturée : plus de 400 000 dossiers de régularisation restent en attente, certains évoquant jusqu’à 500 000.
Les associations de défense des migrants dénoncent une décision motivée par des intérêts électoraux, accusant l’État de sa propre inefficacité.
« Cela renforcera la précarité des migrants et les exposera à davantage de souffrances », alerte un collectif d’avocats.
Le contexte politique est tendu : Chega, parti d’extrême droite devenu la troisième force du pays, réclame un gel des régularisations.
Luis Montenegro est accusé de tenter de séduire cet électorat pour gagner la majorité parlementaire aux élections du 18 mai.
Cette annonce, juste après le lancement de la campagne, apparaît donc stratégique.
Autrefois modèle d’intégration, le Portugal a changé de cap : la loi de 2018 facilitant la régularisation a été supprimée en juin 2023.
Les accords de mobilité avec des pays comme l’Inde ou le Maroc n’ont pas suffi à stabiliser la situation.
Bien que 180 000 étrangers aient été régularisés en 2023, le gouvernement se dirige vers une politique migratoire plus restrictive.
Montenegro affirme que le pays reste ouvert aux migrants qualifiés, mais insiste sur la nécessité de mieux contrôler l’immigration.

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