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Aide étrangère : Qui décide et comment mesure-t-on ce que les pays riches donnent ?

En 2003, le VIH/sida tuait 1,5 million de personnes. La même année, les États-Unis lançaient le PEPFAR, un programme qui sauvera 20 millions de vies grâce aux traitements antirétroviraux. Cet exemple montre l’impact de l’aide internationale.

Mais comment mesure-t-on cette aide ? Qui décide de ce qui compte… ou non ? Une plongée dans les coulisses souvent méconnues de l’« aide publique au développement » (APD).

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit les règles : pour être classée comme APD, une aide doit « promouvoir le développement économique et le bien-être des pays pauvres ». En 2022, 31 pays donateurs + l’UE ont fourni 94 % de l’APD mondiale. La Turquie ou le Qatar rapportent aussi leurs dons, mais volontairement. Le Royaume-Uni a dépensé 223 £ par habitant en aide en 2023, soit moins de 0,6 % de son revenu national. 1/3 des budgets APD est alloué aux infrastructures sociales (écoles, hôpitaux, eau potable) depuis 2000.

90 % de l’APD sont des subventions (argent offert avec des conditions). Exemple : Gavi, qui a vacciné des millions d’enfants. Certains pays optent pour des prêts à taux préférentiel : Si un pays pauvre emprunte à 5 % au lieu de 10 %, la différence (5 %) est comptabilisée comme « aide ». Ces prêts favorisent les pays à revenu intermédiaire, pas les plus pauvres. Pourtant, ils ne représentent que 7 % de l’APD totale.
En 2023, 12 % de l’APD était de l’aide humanitaire (guerres, catastrophes). Mais l’ONU alerte : il manque 36 milliards de dollars pour couvrir les crises actuelles (Ukraine, Gaza, etc.). Résultat : les projets de développement (vaccins, écoles) risquent d’en pâtir. Pour l’aide militaire, les États-Unis ont donné 23 milliards de dollars par an à l’Ukraine en armes (2022-2025), mais aucun dollar n’est inclus dans l’APD. L’argent des fondations privées (Gates, LEGO) : Classé comme « philanthropie », il est 20 fois moins important que l’APD.

Le scandale des « aides dépensées chez soi »
Les pays riches peuvent comptabiliser comme « aide » l’argent dépensé… dans leur propre pays ! Sur le coût des réfugiés, loger et nourrir des réfugiés (12 premiers mois) = 30 % du budget APD de l’Irlande, 34 % pour le Royaume-Uni. Pour les bourses d’études, la Hongrie utilise 41 % de son APD pour financer des étudiants étrangers… sur son sol.

La Chine, 2ᵉ économie mondiale, ne déclare pas son aide à l’OCDE. Selon AidData, entre 2014 et 2021, elle a accordé 574 milliards de dollars de prêts (dont beaucoup via les « Nouvelles routes de la soie »). Mais seulement 63 milliards seraient de « vraie » aide (APD), contre 319 milliards pour les États-Unis. La Chine prête à des taux proches du marché, créant un risque de surendettement pour les pays pauvres.

 

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