
Selon un communiqué diffusé vendredi par le ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi se rendra d’abord à Riyad, où il doit s’entretenir avec plusieurs hauts responsables saoudiens sur les relations bilatérales et les questions de sécurité régionale. Les deux pays entretiennent des rapports traditionnellement tendus malgré un lent réchauffement ces dernières années.
L’Iran va à la chasse préventive
Le chef de la diplomatie iranienne poursuivra ensuite son voyage au Qatar, où il prendra part à une conférence sur le dialogue entre l’Iran et le monde arabe. Ce forum, qui réunit diplomates, experts et responsables politiques, vise à promouvoir une meilleure coopération entre Téhéran et ses voisins arabes, sur fond de rivalités et de recompositions d’alliances dans la région.
Ce voyage diplomatique iranien arrive à la veille du retour remarqué de Donald Trump sur la scène diplomatique. L’ancien président américain est attendu la semaine prochaine à Riyad, où il rencontrera les dirigeants des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ce sommet, très attendu, va redéfinir la politique américaine au Moyen-Orient.
Donald Trump, qui entretient une relation personnelle bien connue avec le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS), entend jouer de ses affinités pour rallier les partenaires du Golfe autour d’une nouvelle dynamique. il compte sur son style direct et sa réputation de « deal maker » pour apaiser les tensions et repositionner les États-Unis comme un acteur niché dans les équilibres géopolitiques régionaux.
Jeu de puissances dans le Golfe
En s’adressant directement à Riyad, puis en participant à une conférence à Doha, l’Iran tente de se montrer constructif, tout en affirmant sa volonté de dialogue avec ses voisins arabes. Le régime iranien veut désamorcer une éventuelle offensive diplomatique américaine menée par Trump dans la région, à travers un rapprochement plus fort avec les monarchies du Golfe.
De leur côté, les dirigeants du CCG, bien qu’attachés à leurs liens historiques avec Washington, savent que la diplomatie ne repose pas sur les amitiés personnelles, mais sur les intérêts. Le sommet de Riyad pourrait ainsi donner lieu à une nouvelle lecture des alliances régionales, où la realpolitik primera une fois de plus.


