
Organisé à Bogotá, cet événement attirera l’attention du monde entier sur l’urgence d’intensifier la restauration des terres, moteur de la durabilité, de la paix et du développement inclusif. Cette célébration mondiale s’inscrira dans le cadre du Forum mondial sur la terre, organisé par le gouvernement colombien.
Restaurer les terres à grande échelle
Sous le thème « Restaurer les terres. Ouvrir les opportunités », la célébration de 2025 soulignera le rôle crucial de terres saines pour l’alimentation, l’eau, l’emploi et la sécurité. La décision de la Colombie d’accueillir cet événement mondial reflète sa détermination à restaurer les terres à grande échelle et à garantir que les efforts de restauration améliorent directement les moyens de subsistance et les écosystèmes.
Lorsque nous perdons des terres saines, nous affaiblissons la nutrition, augmentons le risque de maladie et exposons les communautés aux chocs climatiques et économiques
Ibrahim Thiaw, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), a déclaré : « La dégradation des terres est plus qu’un simple problème environnemental : elle menace directement notre santé, notre sécurité alimentaire et hydrique, ainsi que la stabilité des sociétés. Lorsque nous perdons des terres saines, nous affaiblissons la nutrition, augmentons le risque de maladie et exposons les communautés aux chocs climatiques et économiques.
Je remercie la République de Colombie de m’avoir invitée à accueillir la célébration de cette année, qui mettra en lumière la manière dont la restauration des terres peut protéger la nature, améliorer le bien-être et bâtir un avenir plus résilient pour tous. »
Soulignant l’urgence d’une utilisation durable des terres et le lien vital entre sols et paix, Martha Viviana Carvajalino Villegas, ministre colombienne de l’Agriculture et du Développement rural, a déclaré : « La protection des sols et des terres agricoles est un impératif urgent face aux crises interconnectées qui menacent notre survie : perte de biodiversité, dégradation des écosystèmes, faim, pauvreté et déplacements de population. En réponse, nous commémorons la Journée mondiale de la désertification et de la sécheresse pour réaffirmer que protéger les sols, c’est protéger la vie. Cette lutte repose sur trois piliers : la conservation et la restauration des sols, des systèmes agroalimentaires durables, équitables et résilients, et une meilleure qualité de vie en milieu rural et urbain. Sans sols fertiles, pas de nourriture ; sans nourriture, pas de paix. »
Transformer le sol en un bouclier contre la faim
« Nous mettons en œuvre des politiques globales : redistribution équitable des terres, restitution des droits aux communautés historiquement marginalisées et garanties d’une gestion durable des ressources. Ainsi, nous transformons le sol en un bouclier contre la faim, un pont vers la réconciliation et un héritage de dignité pour les générations futures. La terre n’est pas seulement une ressource : elle est le fondement de la paix », a-t-elle ajouté.
Préserver 22 000 hectares de forêts sèches, à développer des systèmes agroforestiers durables et à soutenir les communautés rurales
Face au grave défi de la dégradation des terres, qui touche près de 30 % de son territoire, soit 34,39 millions d’hectares, la Colombie prend des mesures audacieuses. D’ici 2030, elle vise à restaurer 100 000 hectares de terres dégradées, à préserver 22 000 hectares de forêts sèches, à développer des systèmes agroforestiers durables et à soutenir les communautés rurales par des initiatives ciblées de restauration et de planification dans les régions prioritaires.
En organisant cette célébration, le pays ouvre également une plateforme aux jeunes, aux peuples autochtones, aux agriculteurs, aux scientifiques et à la société civile pour partager des solutions locales contribuant aux objectifs mondiaux. Les efforts de la Colombie reflètent un impératif mondial plus large : la restauration des terres est essentielle pour relever les défis urgents d’aujourd’hui, du changement climatique à la perte de biodiversité, en passant par l’insécurité alimentaire et les migrations forcées.
Garantir un accès durable à la nourriture et à l’eau
Malgré une dynamique croissante, notamment lors de la COP16 de la CNULCD, la véritable valeur des terres saines reste sous-estimée. La dégradation des terres, la sécheresse et la désertification coûtent à l’économie mondiale environ 878 milliards de dollars américains chaque année. Parallèlement, la restauration de plus d’un milliard d’hectares de terres dégradées pourrait générer jusqu’à 1 800 milliards de dollars américains par an, chaque dollar investi rapportant entre 7 et 30 dollars américains de retombées économiques. Pourtant, le rythme et l’ampleur de la restauration restent bien en deçà des besoins.
« Les arguments économiques en faveur de la restauration sont clairs », a ajouté Thiaw. « Chaque dollar investi peut rapporter jusqu’à trente dollars. Mais au-delà des chiffres, restaurer les terres, c’est protéger la dignité des communautés, garantir un accès durable à la nourriture et à l’eau, et bâtir un monde plus stable et plus équitable. Le leadership colombien souligne ce qu’il est possible de réaliser lorsque la restauration devient une priorité nationale. »


