
La date du mardi 10 juin 2025 restera gravée dans les mémoires à Guessabo. Cette localité de l’Ouest ivoirien a été le théâtre d’une violente manifestation dirigée contre le sergent-chef K.M., un soldat de l’armée ivoirienne dont les pratiques mystiques supposées ont provoqué l’ire de jeunes manifestants. Entre destruction de biens, pillage et affrontements, la journée a viré au chaos.
Une attaque ciblée contre la maison abritant les fétiches du militaire
Tout a commencé par une attaque ciblée contre la maison abritant les fétiches du militaire. Ce sanctuaire, selon des sources locales, suscitait depuis quelque temps la méfiance et l’exaspération des riverains. Ce jour-là, une foule en colère s’est dirigée vers la bâtisse pour la mettre à sac. Malgré les récits autour de la puissance supposée des fétiches, ceux-ci n’ont rien pu faire face à la détermination des manifestants, qui ont complètement ravagé les lieux.
Alertée, la brigade de gendarmerie de Zoukougbeu est intervenue pour tenter de contenir la situation, mais les jeunes, plus décidés que jamais, ont poursuivi leur mouvement vers la résidence du militaire. Là encore, d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.
L’établissement a été saccagé. Boissons, chaises, matériel électronique, dont un téléviseur, ont été emportés dans la foulée
Les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule, mais les manifestants, enhardis, se sont ensuite dirigés vers un autre bien appartenant au militaire : son maquis. L’établissement a été saccagé. Boissons, chaises, matériel électronique, dont un téléviseur, ont été emportés dans la foulée.
Le maquis du militaire a été visité par les manifestantsLe maquis du militaire a été visité par les manifestants
La furie ne s’est pas arrêtée là. C’est la ferme porcine du sergent-chef K.M. qui a constitué la dernière cible. Plusieurs porcs ont été capturés par les jeunes, ajoutant au lourd préjudice matériel subi par le militaire.
Du renfort venu de Daloa
Face à la situation qui devenait de plus en plus incontrôlable, les éléments de la brigade de Zoukougbeu ont dû solliciter du renfort auprès de l’escadron ½ de Daloa. Ce n’est qu’avec leur appui que l’ordre a pu être rétabli. Des interpellations ont été effectuées, mais selon nos informations, plusieurs des jeunes arrêtés ont déjà été relâchés. Un seul manifestant, formellement reconnu par l’épouse du militaire, serait encore entre les mains des forces de l’ordre.
Les chaises et des casiers du maquis ont été saccagés Les chaises et des casiers du maquis ont été saccagés
À l’heure actuelle, la localisation du sergent-chef K.M. demeure inconnue. La sous-préfète de Guessabo, en lien avec les chefs de communautés et le président de la jeunesse locale, a entamé des discussions pour apaiser les tensions et envisager une solution durable.
Dans l’intervalle, les forces de l’ordre restent en alerte pour prévenir tout nouveau débordement. Cette affaire, mêlant croyances mystiques, frustrations sociales et règlement de comptes, soulève de nombreuses interrogations sur le climat de tension sous-jacent à Guessabo et appelle à une vigilance accrue des autorités.



