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Filière café cacao : Le Synap-CI annonce une grève illimitée des producteurs

Dans un courrier adressé au ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, le président du Syndicat national agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (Synap-CI), Koné Moussa, a annoncé que les producteurs réunis au sein dudit syndicat entameront bientôt une grève illimitée.

La tension monte dans la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Dans un courrier adressé début juin au ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani, le Syndicat national agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (Synap-CI) a annoncé une grève illimitée des producteurs.

Une longue accumulation de frustrations et de démarches sans réponse
C’est Koné Moussa, président du Synap-CI, qui a donné l’alerte. Il explique que cette décision est le fruit d’une longue accumulation de frustrations et de démarches restées sans réponse.

« Suite aux courriers du SYNAP-CI relevant les difficultés auxquelles ont toujours été confrontés les producteurs de la filière café-cacao en général et ceux regroupés au sein du SYNAP-CI en particulier, difficultés qui demeurent jusqu’à ce jour non résolues à travers les différentes démarches administratives restées sans suite », indique le syndicat dans sa correspondance officielle.

La grève illimitée annoncée est décrite comme une « décision mûrement réfléchie » par ses initiateurs
Les références aux courriers précédents, notamment BN-SNP/CR-CNA/24-02/25 et BN-SNP/CR-CNA/29-25/26, témoignent de la persistance des efforts du syndicat pour faire entendre ses revendications.

La grève illimitée annoncée est décrite comme une « décision mûrement réfléchie » par ses initiateurs. Elle vise à exprimer le profond malaise du monde rural, particulièrement des producteurs de café et de cacao. « Cette décision traduit la volonté de nos membres de se faire entendre sur nos préoccupations essentielles restées sans réponse », a souligné Koné Moussa.

Les griefs des producteurs bien connus
Si les motifs précis de la grève ne sont pas détaillés dans le courrier, les griefs des producteurs sont bien connus : rémunération jugée insuffisante malgré les efforts consentis, manque de transparence dans la fixation des prix bord champ, accès difficile aux intrants agricoles, et une représentation jugée faible dans les instances de décision. Ces problématiques, régulièrement dénoncées par les acteurs de la base, contribuent à entretenir un sentiment de marginalisation chez les petits producteurs.

Le Synap-CI, qui revendique une part importante de la représentation paysanne, appelle ainsi le gouvernement à prêter une oreille attentive à leurs doléances. Il dénonce également le manque de concertation dans la gestion de la filière, pourtant cruciale pour l’économie nationale.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, tire en effet une part essentielle de ses ressources de cette culture. Une paralysie de la filière pourrait donc avoir des conséquences notables sur les exportations, les revenus de l’État, mais aussi sur la stabilité sociale dans les zones rurales.

Le ministère de l’Agriculture n’a, pour l’instant, pas réagi publiquement à l’annonce de cette grève. Toutefois, face à l’ampleur de la menace que représente une mobilisation illimitée des producteurs, une réponse rapide est attendue. Le Synap-CI semble, quant à lui, déterminé à faire entendre la voix des producteurs jusqu’à l’obtention de solutions concrètes.

 

 

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