
Le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) est monté au créneau ce lundi 16 juin pour réagir à l’information publiée par le Washington Post, selon laquelle les États-Unis envisageraient d’imposer des restrictions de visa à 36 nouveaux pays, dont 25 pays africains parmi lesquels figure la Côte d’Ivoire.
Selon une note interne du Département d’État américain consultée par le quotidien américain, les autorités américaines reprochent aux pays ciblés des carences dans la délivrance de documents d’identité fiables, une mauvaise coopération en matière de sécurité, ou encore un taux élevé d’immigration irrégulière sur leur territoire. Les pays concernés, dont la Côte d’Ivoire, disposent d’un délai de 60 jours pour se conformer à ces nouvelles exigences, sans quoi les restrictions seront effectives.
Un double désaveu
Dans un communiqué publié le 16 juin, signé par sa porte-parole, Me Habiba Touré, le PPA-CI estime que cette mesure constituerait « un double désaveu pour le pouvoir RHDP ».
« Cela démontrerait ce que l’opposition n’a cessé de répéter, à savoir le peu de fiabilité de notre état civil, qui rend notre liste électorale peu crédible », explique-t-il.
Le parti de Laurent Gbagbo y voit aussi une confirmation de la mauvaise gouvernance du régime en place, notamment en matière d’incapacité à offrir des perspectives économiques à la jeunesse.
« Si la décision américaine devait être motivée par une présence trop nombreuse de nos ressortissants en situation irrégulière sur leur territoire, cela attesterait d’un échec cuisant et manifeste de la prétendue émergence scandée, depuis 15 ans, par le pouvoir RHDP, qui feint d’ignorer la forte migration de nos ressortissants, parfois même au péril de leur vie », dénonce le communiqué.
L’exemple inverse
Le parti rappelle également que cette menace américaine intervient quelques semaines après la décision de la Commission européenne d’ajouter la Côte d’Ivoire à la liste des juridictions à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Pour le PPA-CI, ces signaux de la communauté internationale viennent confirmer « le discrédit croissant » du régime ivoirien.
« La position américaine ne vient que confirmer ce que le pouvoir du RHDP ne cesse de tenter de dissimuler : La Côte d’Ivoire ne convainc plus et n’est plus crédible », déplore le parti de Gbagbo qui refuse de « voir notre pays, qui n’est plus parasité par une rébellion armée, et qui a aujourd’hui une opposition démocratique et responsable, devenir l’exemple inverse de ce qu’il aurait dû incarner ».
À quatre mois de l’élection présidentielle, et alors que plusieurs leaders de l’opposition sont exclus de la liste électorale, le PPA-CI appelle le gouvernement à prendre « la mesure de la gravité de la situation » et à restaurer la crédibilité du pays, tant sur le plan intérieur qu’auprès de ses partenaires internationaux.


