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Côte d’Ivoire : L’affaire Charles Rodel Dosso détenu depuis 9 mois s’ouvre aujourd’hui

Le procès de Charles Rodel Dosso, cadre du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), s’ouvre ce lundi 7 juillet 2025 au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. L’ancien secrétaire général en charge de la société civile au sein du parti fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, est détenu depuis octobre 2024 à la suite d’une manifestation contre la vie chère.

Arrêté le 5 octobre 2024, Charles Rodel Dosso a été placé sous mandat de dépôt le 7 octobre, aux côtés de son coaccusé Armand Krikpeu, secrétaire général de la coalition Action pour la Justice et l’Intérêt du Peuple (AGIP), structure à l’origine de la mobilisation. Cette marche pacifique, organisée dans le contexte d’une flambée des prix des produits de première nécessité , avait été interdite par les autorités locales.

Les deux hommes sont poursuivis pour incitation à l’insurrection, atteinte à l’ordre public, attroupement non autorisé et organisation d’une manifestation interdite. Des chefs d’accusation que les intéressés, leurs avocats et leurs soutiens politiques qualifient de « fallacieux » et de « purement politiques ».

Le PPA-CI dénonce une instrumentalisation de la justice
Dans un communiqué publié peu après l’arrestation, le PPA-CI avait décrété ce qu’il considère comme une « répression ciblée » des voix dissidentes. Gervais Tchéidé, secrétaire général du parti de Laurent Gbagbo qui a signé le communiqué, a accusé le pouvoir en place d’instrumentaliser les forces de sécurité et la justice pour étouffer toute forme de contestation.

Ces poursuites s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à intimider l’opposition et à neutraliser toute voix critique à l’approche de l’élection présidentielle de 2025.
« Ces poursuites s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à intimider l’opposition et à neutraliser toute voix critique à l’approche de l’élection présidentielle de 2025 », avait-il accusé. Reprochant au pouvoir RHDP, de tenter de « ramener la Côte d’Ivoire à une époque révolue ».

Le pouvoir « s’attelle à mettre en œuvre son projet de ramener la Côte d’Ivoire à l’époque et aux pratiques rétrogrades du parti unique » , martèle Jean-Gervais Tchéidé, la secrétaire générale de l’un des deux principaux partis d’opposition du pays, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). « Il s’organise ainsi pour braquer l’élection présidentielle de 2025, incapable qu’il est de concourir à la loyale et de gagner une quelconque élection. »

Les responsables du PPA-CI estiment que l’acharnement judiciaire contre Dosso et Krikpeu vise à affaiblir la dynamique contestataire portée par la société civile et les partis de l’opposition.

Une affaire qui sera très suivie
Il intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre pouvoir et opposition autour de la crédibilité du processus électoral de la présidentielle prévue en octobre 2025 et de l’indépendance de la justice. À un peu plus de trois mois de la tenue de ce scrutin, plusieurs dirigeants politiques de l’opposition parmi lesquels Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam sont exclus de la suite des décisions de justice controversées.

Plusieurs cadres du parti politique de l’opposition ont également fait l’objet d’arrestations et pour certains condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement. Innocent Yao et Henri Joël Kouadio, respectivement présidents des jeunesses estudiantines et scolaires et rurales du PDCI-RDA ont été récemment arrêtés et placés sous mandat de dépôt.

Au PPA-CI, Damana Pickass et Koua Justin ont été jugés et écopés de lourdes peines d’emprisonnement sans pour autant être placés sous mandat de dépôt. Le traitement réservé à l’affaire Rodel Dosso sera suivi de près par de nombreuses organisations de défense des droits humains et par la communauté politique nationale dans ce contexte politique déjà marqué par des tensions.

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