06062026Headline:

MMA: Farès Ziam, la France dans les poings, l’Algérie au cœur


Farès Ziam s’apprête à affronter l’Australien Tom Nolan dans la nuit de samedi à dimanche à Las Vegas, pour son 11e combat à l’UFC. Le combattant aux nombreuses casquettes, dont celle d’apiculteur, a accordé un entretien à RFI pour raconter ses passions, son attachement à l’Algérie et son état d’esprit avant d’entrer dans la cage.

En mai 2022, l’UFC ne renouvelait pas votre contrat, avant de vous signer à nouveau deux ans plus tard. Quelle est la différence entre le Farès Ziam de maintenant et celui qui s’est fait éjecter de l’UFC ?

Farès Ziam : Je pense le mental. Je deviens un homme. Avant, je me voyais comme un jeune, j’avais 24, 25 ans. Maintenant, je suis père de famille, je sais ce qui est bien pour moi, ce qui ne l’est pas. Et pareil avec mes combats, j’essaie d’être relâché, de faire ce que j’aime, de kiffer avant d’être vieux et de regretter.

Vous avez aussi beaucoup évolué physiquement cette dernière année. Avant votre combat de samedi soir, vous êtes-vous déjà senti aussi fort ?

Non, là ça fait environ un an que je me sens vraiment bien physiquement, que ce soit en termes de force ou de cardio. Et je ne suis pas encore à mon « prime ». On n’essaye pas d’être champion de préparation physique, on veut être champion de MMA. Donc toute la prépa qu’on a faite, c’est pour le MMA, ça ne m’a pas ralenti. Je faisais grosso modo deux séances de préparation physique en plus d’une séance de cardio par semaine. J’ai pris du poids, mais je suis plus explosif.

Vous avez une passion pour l’apiculture aussi. Les abeilles, c’est combien de fois par semaine ?

[Sourire] Les abeilles, quand c’est la saison, c’est tous les 10 jours à peu près. Mais je n’ai pas eu le temps de récolter mon miel d’acacia, il est encore dans la ruche. Au début, l’objectif c’était juste de faire mon miel, de kiffer. Et c’est devenu une passion. Quand je m’occupe des ruches, c’est un moment où le cerveau s’éteint du MMA, où je suis chill, tranquille. Moi je suis un gars tranquille, donc ça m’a bien plu.

On dit souvent qu’il faut s’exporter pour passer un cap dans le MMA. Vous vous imaginez vivre loin de votre région lyonnaise, de votre famille et de vos ruches ?

Plus je viens aux États-Unis, plus je kiffe. Ça doit faire peut-être une quinzaine de fois maintenant que j’y vais, entre les combats, les camps d’entraînement… C’est vraiment un pays où je me vois vivre pour ma carrière sportive. Et après, peut-être retourner en France. Parce qu’on se rend compte qu’on est bien aussi chez soi avec ses proches.

Il y a un autre endroit où vous vous sentez bien aussi, en Algérie.

J’ai la double nationalité, je suis Franco-Algérien, mes deux parents sont d’Algérie. Je suis attaché à ce pays parce que j’ai beaucoup été éduqué par mes grands-parents, j’ai grandi avec eux. Ma grand-mère ne parlait que l’algérien, donc la culture algérienne, je la connais [sourire]. Mon sang est algérien.

Ces derniers temps, je n’y suis pas allé pour les meilleures des raisons, c’était surtout des décès [sa mère est décédée en 2025, il avait annulé son combat à l’UFC Paris, NDLR]. Depuis ma récente visite, j’ai vraiment envie d’y aller un peu plus. Je représente aussi bien la France que l’Algérie. Mais j’aime bien dire que je me représente moi-même, Farès Ziam.

« Je sais que je suis meilleur que lui »

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