La machine PASTEF-Les Patriotes se lubrifie et tourne à plein régime en cette veille de son premier congrès extraordinaire. Le vendredi 5 juin 2026, à Azalaï Dakar, le parti a validé l’adhesion d’une soixantaine de partis politiques et de mouvements citoyens venus officiellement prêter main forte à Ousmane Sonko.
Ousmane Sonko pose les fondations de sa galaxie politique digne d’un parti d’Etat. C’est une démonstration de force programmée juste avant le grand rendez-vous du samedi 6 juin, où les délégués de tout le pays et de la diaspora se retrouveront pour adopter les textes fondateurs de cette nouvelle phase. En quelques heures, le PASTEF a élargi son périmètre politique en absorbant des formations venues d’horizons divers mais ralliées à la bannière souverainiste. La stratégie. Continuer à fédérer toutes les forces patriotiques, panafricanistes et souverainistes intéressées, bien au-delà du congrès.
Une adhésion de masse en prélude au premier congrès ordinaire
Soixante organisations exactement agrandissent les champs d’action du parti. Le PASTEF, parti né en 2014 dans une relative modestie, est devenu un aimant à alliances. Ces partis et mouvements citoyens qui ont signé la charte ne viennent pas grossir les rangs d’une machine électorale. Ils adhèrent à une vision celle d’un Sénégal qui reprend sa destinée en main, loin des dépendances héritées de l’histoire postcoloniale. La cérémonie de l’Azalaï constituait un acte politique fort, à la veille d’un congrès qui doit transformer en profondeur la nature même du mouvement. Car si le PASTEF a su capter la colère et l’espoir des Sénégalais, il lui reste à se doter des structures d’un parti d’État, capable de porter une transformation historique sur la durée.
De la création en 2014 à l’épreuve du pouvoir : Le long chemin des Patriotes
En 2014, lorsque le PASTEF-Les Patriotes a vu le jour, les moyens financiers des grands partis n’étaient pas les leurs. Pas de relais d’influence, pas de réseaux bien établis. Juste la conviction que les maux du Sénégal (corruption, chômage, pauvreté, inégalités) n’étaient que des symptômes. La maladie de fond ? Une souveraineté inachevée. « À quoi sert l’indépendance politique si un peuple ne maîtrise pas pleinement son destin ? », telle est la question fondatrice qui a donné naissance au Manifeste des Patriotes. Très vite, l’Appel aux Patriotes a rassemblé. L’ambition n’était pas d’ajouter un parti de plus dans un paysage déjà saturé, mais de construire un instrument capable d’organiser la reconquête. La souveraineté, pour Sonko, n’a jamais été un slogan. Elle touche aux ressources naturelles, aux choix budgétaires et monétaires, à l’agriculture, à l’éducation, à la culture, à la place du Sénégal dans le monde. L’élection à l’Assemblée nationale en 2017 a offert une première tribune institutionnelle. Le livre Solutions pour un Sénégal nouveau (2018) a posé une vision globale. Puis vint l’élection présidentielle de 2019. Ce qui devait rester marginal a révélé l’émergence d’une nouvelle force. Des centaines de milliers de Sénégalais se sont reconnus dans cette volonté de rupture.
2021-2024 : Quand le peuple s’est invité dans l’histoire
La période comprise entre 2021 et 2024 a été celle de l’accélération. Les mobilisations populaires, d’une intensité rare, ont traversé l’ensemble du territoire. Elles n’étaient pas de simples contestations. Elles révélaient une aspiration profonde à un changement de cap. Une génération entière refusait le statu quo et l’idée que l’avenir devait toujours se décider ailleurs. Les arrestations, la dissolution du parti, la répression, les restrictions des libertés publiques, rien n’a interrompu cette dynamique. Au contraire, ces épreuves ont contribué à élargir la prise de conscience nationale. La victoire de 2024 n’a donc pas été une alternance ordinaire. Elle a constitué l’aboutissement démocratique d’un long processus de maturation politique et populaire. Aujourd’hui, Sonko peut dire que le peuple est entré dans l’histoire. Il n’est donc pas question de laisser cette énergie se dissiper.
Le congrès de la maturité : Organiser la souveraineté pour durer
Le samedi 6 juin 2026 restera une date dans la vie du PASTEF. Pour la première fois, le parti tiendra son congrès ordinaire. Des délégués venus des sections du Sénégal et de la diaspora débattront, amenderont et adopteront plusieurs textes essentiels : un document d’orientation stratégique, une charte idéologique, des thèses sur le parti, une résolution générale et des résolutions spéciales. C’est le passage d’un mouvement de rupture, devenu force électorale victorieuse, à un parti d’Etat pleinement organisé pour conduire la transformation historique du pays. « Que faisons-nous après la victoire ? », telle est la question à laquelle ce congrès doit répondre. L’histoire enseigne que les ruptures politiques peuvent être absorbées quand elles ne se dotent ni d’une doctrine claire, ni d’une organisation solide, ni d’une stratégie de long terme. Le congrès devra fixer une ligne qui incombe d’organiser la souveraineté, de structurer le bloc populaire, de former les cadres, de renforcer les cellules locales, de clarifier le rapport entre le parti et l’État, et d’inscrire la révolution démocratique sénégalaise dans la durée. Sonko est très constant sur son ambition de transformer les structures qui entretiennent la dépendance. Cela suppose un État stratège, une économie productive, une administration efficace, une lutte résolue contre la corruption. Et surtout, de replacer le travail, le savoir, la science, l’innovation et la production au cœur du projet national. Mais la souveraineté ne se limite pas à l’économie. Elle est aussi culturelle.
Le projet dépasse les frontières du Sénégal. L’avenir du pays est intimement lié à celui de l’Afrique.
Un peuple qui pense exclusivement avec les catégories produites par d’autres peine à construire une autonomie véritable. D’où la bataille pour la décolonisation des imaginaires, la valorisation des langues nationales, la réappropriation de l’histoire et la maîtrise des technologies du futur. Cette transformation ne sera pas portée par l’État seul. Elle exige un peuple organisé, et donc un parti. Non pas un appareil électoral vivant au rythme des échéances, mais une organisation capable de former, d’éclairer, de mobiliser et d’organiser durablement le bloc populaire de la souveraineté. Enfin, le projet dépasse les frontières du Sénégal. L’avenir du pays est intimement lié à celui de l’Afrique. La souveraineté nationale doit s’articuler à une souveraineté africaine fondée sur l’intégration économique, la coopération scientifique, la circulation des savoirs, la transformation locale des ressources et la solidarité entre les peuples. Le PASTEF n’est pas né d’une ambition de pouvoir. Il est né d’une ambition de transformation. La responsabilité de ses militants est désormais de démontrer qu’il est possible, en Afrique, de conduire une révolution démocratique, populaire et souveraine dans le respect des institutions, des libertés et de la volonté du peuple. Tel est le sens de l’engagement. Telle est la tâche d’une génération. Le congrès de ce samedi devra poser la première pierre de cet édifice.



