06112026Headline:

Rencontre Trump-Poutine sur l’Ukraine: Volodymyr Zelensky affirme qu’il refusera de céder des territoires


C’est finalement en Alaska que Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontreront le 15 août. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi avec fermeté samedi 9 août à l’annonce de ce sommet. Alors que Donald Trump affirme que les négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie impliqueront nécessairement un échange de territoires, à Kiev, Volodymyr Zelensky a rappelé que l’Ukraine n’était pas prête à céder son propre territoire à son agresseur. Dimanche 10 août, les dirigeants européens ont signé une déclaration commune avant cette rencontre entre les présidents russe et américain.

Donald Trump a annoncé qu’il rencontrera son homologue russe Vladimir Poutine en Alaska le 15 août, pour tenter de trouver un règlement à la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie. Plutôt qu’en terrain neutre, le tête-à-tête aura lieu dans le vaste et sauvage État de l’Alaska, dans l’extrême nord-ouest du continent américain, territoire qui avait été acheté par les Américains à l’Empire russe, en 1867. Cette rencontre très attendue se déroulera sans Volodymyr Zelensky, qui ne cesse pourtant d’exiger d’avoir voix au chapitre.

La Russie se félicite du choix de l’Alaska pour cette rencontre. Pragmatique, Iouri Ouchakov, conseiller de Vladimir Poutine, s’est félicité du fait que la délégation russe n’aura qu’à survoler le détroit de Behring pour se rendre dans une région où les intérêts économiques des deux voisins se chevauchent. Mais il reste du pain sur la planche avant de parvenir à un accord.

Moscou signale que les jours à venir seront consacrés à l’élaboration des détails de cette rencontre, tout en précisant qu’il s’agit d’un processus difficile. Alors que de son côté, Donald Trump a déjà évoqué des échanges de territoires au bénéfice de chacun. De son côté, le Kremlin a fait savoir vendredi qu’en plus de la crise ukrainienne, il serait également question de relations bilatérales, de sécurité mondiale et surtout de traités sur les armes nucléaires dont la Russie et les États-Unis se sont retirés.

Vladimir Poutine s’est entretenu vendredi avec ses homologues biélorusses, indien et chinois. On a donc l’impression que Moscou cherchera à poser les bases d’un accord permettant la création d’une nouvelle architecture de sécurité en Europe et dans le monde dans laquelle les composants d’une paix durable entre Moscou et Kiev seront intégrés.

« Est-ce envisageable pour les Ukrainiens de se séparer de leur propre territoire ? » Volodymyr Zelensky s’est exprimé ce samedi matin sur la constitutionnalité de cette question. Et de fait, Donald Trump suggère que l’Ukraine cède des territoires qui sont reconnus par le droit international comme ukrainiens. Or, le président ukrainien ne peut tout simplement pas donner ces territoires. Cela violerait la Constitution ukrainienne dans laquelle est inscrite son intégrité territoriale, rapporte notre correspondante à Kiev, Emmanuelle Chaze.

Les Ukrainiens n’abandonneront pas leur terre aux occupants. L’Ukraine est prête à prendre de véritables décisions susceptibles d’apporter la paix. Toute décision qui serait prise contre nous, toute décision qui serait prise sans l’Ukraine, seraient des décisions contre la paix. Elles n’aboutiraient à rien. Ce seraient des décisions mortes nées, irréalisables.

De plus, si on pense à la région de Donetsk notamment, où un tiers de la région est toujours sous contrôle ukrainien, il n’y a donc pas de raison pour l’Ukraine de céder ce territoire. Ce territoire comprend notamment les villes de Kramatorsk, Sloviansk, soit des grandes villes encore habitées par des dizaines de milliers de personnes. Elles sont sous le feu russe quotidien. Mais il y a aussi une forte population de déplacés des villes voisines qui sont sous occupation.

Enfin, selon un sondage publié cette semaine dans les médias ukrainiens, trois quarts de la population refusent à l’heure actuelle de se plier à une paix selon les termes russes.

Réunion à Londres avec le vice-président américain
Au cours d’une conversation téléphonique avec le Premier ministre britannique Keir Starmer ce samedi 9 août, Volodymyr Zelensky a exhorté ses alliés européens à prendre des « mesures claires » pour définir une approche commune. Ceci alors que ces derniers sont aussi écartés des pourparlers.

Le président français Emmanuel Macron, après s’être entretenu au téléphone avec son homologue ukrainien, a martelé que « l’avenir de l’Ukraine » ne pouvait « se décider sans les Ukrainiens ». « Les Européens seront aussi nécessairement partie à la solution, car il en va de leur sécurité », a-t-il écrit sur X. « Nous devons rester unis », a renchéri sur la même messagerie le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, qui a, lui aussi, parlé à Volodymyr Zelensky.

Dans ce contexte, le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy a rencontré samedi à Londres le vice-président américain JD Vance, le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak et l’ex-ministre de la Défense ukrainien Roustem Oumerov, ainsi que les conseillers à la sécurité nationale européens. Ceux-ci étaient conviés pour « discuter des prochaines étapes vers la paix en Ukraine », a écrit David Lammy sur X, ajoutant que « le soutien du Royaume-Uni à l’Ukraine demeure indéfectible » et qu’il « continue d’œuvrer pour une paix juste et durable ».

Dimanche, les principaux dirigeants européens se sont dit convaincus que « seule une approche combinant une diplomatie active, un soutien à l’Ukraine et une pression sur la Fédération de Russie » pouvait réussir pour mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

« Nous saluons le travail du président Trump pour arrêter le massacre en Ukraine » et « sommes prêts à soutenir ce travail sur le plan diplomatique ainsi qu’en maintenant notre soutien militaire et financier substantiel à l’Ukraine, y compris par le biais des travaux de la Coalition des volontaires, et en maintenant et en imposant des mesures restrictives à l’encontre de la Fédération de Russie », ont indiqué ces dirigeants dans une déclaration signée par le président français Emmanuel Macron, la présidente italienne du Conseil Giorgia Meloni, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre polonais Donald Tusk, le Premier ministre britannique Keir Starmer, la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le président finlandais Alex Stubb, en amont de la rencontre prévue vendredi entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska.

What Next?

Recent Articles