À quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, a choisi d’investir dans l’avenir démocratique du pays : sa jeunesse.
Un projet d’envergure
En partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), elle a lancé le projet « Dialogue politique des Jeunes Champions de la Paix », une initiative qui entend prévenir les tensions électorales en formant une nouvelle génération de médiateurs. En juillet dernier, trente jeunes leaders issus de partis politiques (RHDP, PPA-CI, PDCI-RDA, FPI, COJEP) et de la société civile ont pris part à une formation intensive d’une semaine à Yamoussoukro.
En vous regardant aujourd’hui, je vois bien plus que 30 jeunes venus de différents horizons politiques et associatifs
Au programme : techniques de médiation, leadership démocratique, communication politique responsable et gestion des conflits. Objectif : transcender les clivages partisans pour créer un socle commun d’engagement citoyen. Lors de la cérémonie de clôture, Matthijs Van Eeuwen, chef de mission adjoint à l’Ambassade des Pays-Bas, n’a pas caché son optimisme : « En vous regardant aujourd’hui, je vois bien plus que 30 jeunes venus de différents horizons politiques et associatifs. Je vois l’avenir de ce pays. Vous représentez cette Côte d’Ivoire nouvelle, celle où 75 % de la population a moins de 35 ans. »
Les jeunes bientôt déployés dans le pays
Dans un climat politique où la mémoire des crises passées reste vive, ces paroles résonnent comme un encouragement. Les jeunes champions de la paix ne se contenteront pas d’un diplôme ou d’une photo souvenir. Dès septembre, ils se déploieront à travers tout le pays pour animer des dialogues communautaires. Dans les écoles, les universités, les quartiers et jusque dans les villages, ils parleront de tolérance, de citoyenneté et de non-violence. Cette phase de déploiement vise à créer un réseau de plusieurs milliers de médiateurs de proximité, particulièrement actifs à l’approche de l’élection présidentielle.
Seulement 33,7 % des 18–34 ans avaient voté en 2015, et à peine 2 % occupent des postes de responsabilité au sein des partis
Les jeunes formés ne se limiteront pas aux rencontres physiques : ils investiront aussi les radios locales, les plateaux télévisés et les plateformes numériques pour porter leur message. Leur rôle sera de prévenir les tensions en donnant la parole aux jeunes, mais aussi en rappelant que le débat politique n’a de sens que lorsqu’il s’inscrit dans le respect et la paix. Avec plus de 10,8 millions de jeunes âgés de 16 à 35 ans, la Côte d’Ivoire dispose d’un vivier démocratique considérable. Pourtant, la participation des jeunes reste faible : seulement 33,7 % des 18–34 ans avaient voté en 2015, et à peine 2 % occupent des postes de responsabilité au sein des partis. Pour les Pays-Bas, cette réalité est à la fois un défi et une opportunité. Investir dans la jeunesse ivoirienne, c’est miser sur une démocratie plus représentative et plus inclusive. En finançant ce projet via le PNUD, l’Ambassade des Pays-Bas confirme une tradition diplomatique qui privilégie la prévention des conflits à l’intervention post-crise. « Dans quelques mois, votre pays vivra une nouvelle échéance électorale. Cette fois, vous serez là pour faire la différence. Vous serez ces voix qui appellent à la raison quand les esprits s’échauffent », a rappelé le diplomate néerlandais aux jeunes participants.
Porter les valeurs républicaines
Au-delà de l’échéance électorale d’octobre 2025, cette initiative se veut un investissement durable. Elle prépare une génération capable d’incarner le dialogue démocratique dans ses communautés et de bâtir, pas à pas, une culture de paix. Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à franchir une nouvelle étape de son parcours démocratique, les Pays-Bas et le PNUD offrent aux jeunes ivoiriens des outils concrets pour être les gardiens de la cohésion sociale. L’enjeu dépasse le seul scrutin présidentiel : il s’agit de consolider une génération de citoyens engagés, capables de porter les valeurs républicaines bien au-delà des périodes électorales. La Côte d’Ivoire, longtemps marquée par des tensions électorales, voit ainsi s’ouvrir une perspective nouvelle. Celle d’un processus démocratique où les jeunes ne sont plus spectateurs, mais acteurs, et où la paix n’est pas seulement un souhait, mais une responsabilité partagée.



