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Droits de douane et e-commerce: Trump taxera les colis postaux même « minuscules »


L’industrie postale génère des dividendes non négligeables. En 2024 (par exemple), l’augmentation des envois de colis a été considérable, passant de 134 millions en 2015 à plus de 1,36 milliard, ce qui a conduit l’Amérique à imposer des droits de douane sur des petits colis d’une valeur supérieure à 100 dollars en août 2025.

A partir de septembre 2025, les petits colis, d’une valeur inférieure à 800 dollars à destination des États-Unis, seront désormais soumis aux droits de douane à partir de vendredi, l’exemption de « minimis » ayant été suspendue par le gouvernement américain. On estime que le marché africain de l’e-commerce connaîtra une croissance significative, passant de 55 milliards de dollars en 2024 à 112,73 milliards de dollars en 2029.

Le nombre de personnes effectuant des achats en ligne devrait également augmenter de manière significative, passant de 138,9 millions en 2017 à 519,8 millions en 2024, selon Statista. Le nombre d’acheteurs en ligne en Afrique a connu une croissance remarquable, passant de 138,9 millions en 2017 à une projection de 519,8 millions en 2024. Le taux de pénétration du commerce électronique au sein de la population africaine devrait atteindre 40 % en 2024.

Des taxes sur les expéditions
À partir du vendredi 29 août 2025, les États-Unis ont supprimé l’exemption qui permettait d’importer des petits colis postaux sans payer de droits de douane. Jusqu’ici, les biens d’une valeur inférieure à 800 dollars pouvaient entrer sur le sol américain sans surtaxe, un régime d’exemption appelé « de minimis ». Cette exemption est désormais suspendue, et seuls les envois privés de moins de 100 dollars seront exonérés de taxes. Le gouvernement américain répond ainsi à une hausse exponentielle des colis reçus par ce canal. Les chiffres officiels indiquent une progression spectaculaire, passant de 134 millions d’unités en 2015 à plus de 1,36 milliard en 2024.

Cette explosion des importations postales a rendu nécessaire un ajustement des règles, afin de garantir une taxation équitable et de lutter contre certains fléaux liés au commerce international. Le décret présidentiel publié le 30 juillet par Donald Trump explique cette nouvelle règle par la volonté de combler ce que l’administration qualifie de « faille catastrophique ». En effet, d’après les données de l’Agence de protection des frontières (CBP), les petits colis représentent 98% des narcotiques saisis, 97% des contrefaçons et 70% des produits dangereux pour la santé interceptés en 2024.

La lutte contre l’entrée illicite d’opioïdes synthétiques et d’autres substances dangereuses est désormais une priorité absolue pour les USA. Un responsable américain cité par l’AFP précise que cette mesure doit « sauver des milliers de vies en réduisant le flot de narcotiques et de produits interdits ». Les autorités cherchent ainsi à renforcer le contrôle sur ces envois, qui sont devenus un vecteur privilégié pour les trafiquants. Les nouveaux taux applicables aux colis d’une valeur supérieure à 100 dollars correspondent aux droits habituels sur les importations. Ces taux vont d’au minimum 10%, à 15% pour les produits en provenance de l’Union européenne, et jusqu’à 50% pour les colis venus de pays comme l’Inde ou le Brésil. Cette harmonisation doit limiter les détournements du système et garantir une taxation conforme aux règles commerciales internationales.

Une suspension temporaire des envois
L’Organisation des Nations unies, par le biais de son agence postale, a fait savoir que 25 pays ont suspendu temporairement les envois de petits colis vers les États-Unis. L’incertitude générée par l’absence d’informations notoires sur la mise en œuvre pratique de cette nouvelle réglementation. Parmi les pays concernés, plusieurs sont membres de l’Union européenne, notamment la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, ainsi que le Royaume-Uni hors UE. Cette liste comprend aussi des pays comme l’Inde, le Japon, l’Australie et le Mexique. Un responsable de La Poste en France a confié à l’AFP que faute de précisions des autorités américaines sur les conditions techniques d’envoi, il était devenu impossible de maintenir les services vers les États-Unis dans des conditions sereines.

Malgré les difficultés rencontrées, les services postaux se voient s’adapter à une réglementation subitement modifiée, dont l’impact sur le commerce international et la logistique reste à évaluer pleinement. La suspension des envois pourrait perdurer tant que ces aléas techniques ne seront pas levées. La réforme américaine réoriente la gestion des échanges postaux internationaux, en particulier au moment où le commerce en ligne continue de croître fortement.

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