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France: Polémique après une vidéo montrant deux journalistes accusés de «collusion» avec le PS


La radio publique France Inter a décidé de suspendre Thomas Legrand, l’un de ses éditorialistes politiques, ce samedi 6 septembre. En cause, la publication la veille par un média d’extrême droite d’une vidéo où le journaliste, accompagné d’une autre figure de la première radio de France, Patrick Cohen, explique lors d’une rencontre avec des dirigeants socialistes, « s’occuper » à l’antenne de la ministre de la Culture et candidate de la droite à la mairie de Paris, Rachida Dati. La polémique est vive.
« Des propos graves et contraires à la déontologie » dénonce ce matin Rachida Dati qui accuse Thomas Legrand et Patrick Cohen de chercher à « faire ce qu’il faut pour l’éliminer de l’élection de Paris ». Les réactions politiques n’ont pas tardé à affluer après la diffusion de la vidéo par le média d’extrême droite L’Incorrect. « Voir des journalistes du service public assumer de vouloir “faire ce qu’il faut” contre la ministre de la Culture pour faire gagner la gauche à Paris dans une collusion totale avec le PS est révoltant », s’est indigné LR sur X.

Les principaux opposants au gouvernement ont également accablé les protagonistes, dont la discussion portait plus largement sur la situation politique, en particulier de la gauche. « Vidéo consternante » dans laquelle « deux journalistes essentiels de l’officialité PS complotent pour valoriser un axe “de Ruffin à Canfin” et Glucksmann », a écrit Jean-Luc Mélenchon. Ils « peuvent enfin assumer officiellement leur rôle de porte-parole du Parti socialiste », a ironisé le député insoumis Thomas Portes. « Des journalistes ou des militants gauchistes payés avec votre argent ? », s’interroge de son côté le député RN Philippe Ballard, lui-même ancien journaliste.

Embarras au Parti socialiste, Patrick Cohen et Thomas Legrand annoncent vouloir porter plainte
Du côté du Parti socialiste, c’est évidemment l’embarras. « Aucune collusion n’existe entre le Parti socialiste et les journalistes quels qu’ils soient ». « Tous les responsables politiques sans exception rencontrent la presse pour faire valoir leur point de vue », a souligné le PS dans un communiqué.

De leur côté, Thomas Legrand et Patrick Cohen tentent de se justifier, expliquant avoir rencontré les élus socialistes justement parce que ceux-ci se plaignaient d’être maltraités. « On a pris des bouts de phrase. Il n’y a pas 20 secondes de conversation suivie. C’est complètement manipulatoire », a de son côté réagi auprès de l’AFP Patrick Cohen.

« L’ironie de l’histoire, c’est que ce rendez-vous avait été sollicité par la direction du PS, parce qu’ils ne sont pas contents du traitement du PS et d’Olivier Faure [premier secrétaire du parti, NDLR] sur l’antenne de France Inter. Donc c’était tout sauf une réunion conspirative », a-t-il ajouté. Les deux journalistes ont annoncé leur intention de porter plainte.

Saisie de l’Arcom
France Inter a toutefois décidé de limiter les dégâts en retirant Thomas Legrand de l’antenne. Objectif, selon la directrice d’Inter, Adèle Van Reeth, « protéger la chaîne d’accusations délétères », tout en reconnaissant des propos pouvant « prêter à confusion » malgré les méthodes « illégales et déloyales » utilisées pour capturer ces échanges. La vidéo a en effet été captée à l’insu des participants. Mais la sanction est là.

De son côté, l’Arcom, régulateur de l’audiovisuel en France, a quant à elle annoncé auprès de l’AFP avoir été saisie. « Elle recueillera dans les meilleurs délais tous les éléments d’explication auprès de Radio France et France Télévisions afin de s’assurer du respect, par le service public de l’audiovisuel, de ses obligations d’impartialité et d’indépendance, dont l’Arcom se voit confier par la loi la mission d’être la garante », a-t-elle indiqué.

Il faut dire que le contexte est explosif avec une loi de réforme de l’audiovisuel public qui devait être étudiée à la fin du mois, texte porté par Rachida Dati.

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