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Après l’arrêt du Conseil constitutionnel sur les candidatures: Le Front commun de l’opposition en miettes ?

Attendues avec force après l’arrêt du Conseil constitutionnel sur les candidatures à la présidentielle, les réactions de l’opposition ressemblent davantage à une cacophonie qu’à une riposte organisée. Les partis censés incarner le Front commun — PPA-CI et PDCI — agissent désormais en solo, révélant au grand jour la fragilité de leur alliance.

L’époque où PDCI-RDA et PPA-CI défilaient côte à côte dans la contestation politique semble déjà révolue. Fini les communiqués conjoints, oubliée la marche commune du 9 août à Yopougon. Ébranlés par un arrêt défavorable à leurs champions, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, les deux partis s’indignent chacun de son côté, sans la moindre tentative de coordination.

Mercredi, le PDCI-RDA, par un communiqué controversé, a renouvelé son « soutien indéfectible et sans réserve » à son président et déploré « amèrement » la perte d’une « alternance pacifique » qui, selon lui, s’offrait aux Ivoiriens.
Le même jour, le PPA-CI s’est dressé seul en conférence de presse à la Riviera Bonoumin, promettant de contester « jusqu’au bout » l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo et accusant le Conseil constitutionnel d’avoir « failli à son rôle de gardien de l’État de droit ».

Le parti refuse toute idée d’un plan B, clamant que « le droit ne peut être tordu pour éliminer un adversaire politique », mais reste évasif sur une éventuelle stratégie de boycott.

Le lendemain, le PDCI-RDA s’est à nouveau exprimé, insistant sur sa ligne dure : « Il n’y aura pas de boycott, ce serait trop facile. Il ne peut y avoir d’élections sans Tidjane Thiam », a martelé Akossi Bendjo. Pour le vice-président Calice Yapo, l’ancien patron de Crédit Suisse demeure « le candidat unique du PDCI-RDA ».

Pendant ce temps, les cinq candidats officiellement retenus poursuivent leur route, et les décisions du Conseil constitutionnel, irrévocables, s’imposent. Pourtant, les deux « alliés » persistent à se bercer d’illusions, préférant prêcher chacun dans son coin plutôt que de mener une offensive concertée.

Ce spectacle contraste violemment avec les promesses du 16 juillet, jour où, devant les caméras, Damana Pickass présentait le Front commun comme un « Front de l’alternance » porteur d’un immense espoir pour les Ivoiriens : « Tous autant que nous sommes, nous devons être à la hauteur de cette confiance pour qu’en octobre 2025, une gouvernance humaine puisse s’installer à la tête de notre pays. »

Aujourd’hui, cet espoir s’effrite. L’opposition apparaît dispersée, confuse, et incapable de parler d’une seule voix. Et ce même si Gbagbo a reçu plusieurs candidats recalés tandis qu’Affi N’guessan appelle à l’union pour faire barrière à un “4e mandat” d’Alassane Ouattara.

En réalité, le Front commun, déjà fragilisé par des critiques internes au PDCI — plusieurs cadres dénonçant une initiative unilatérale d’Akossi Bendjo —, semble avoir explosé au premier coup dur. L’arrêt du Conseil constitutionnel n’a pas seulement éliminé deux candidatures majeures : il a révélé au grand jour l’absence de stratégie et de cohésion au sein d’une opposition qui se rêvait en alternative crédible.

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