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Citoyens pro-AES : Entre l’Ivoirien, le Camerounais ou le Togolais, qui y croit le plus ?

En Afrique francophone, quels sont les citoyens qui sont pro-AES entre la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, le Bénin et le Togo ? C’est un match visiblement très serré suite au Sondage Sagaci Research. Les opinions sur l’Alliance des États du Sahel (AES) est ambivalente dans la région.

L’Alliance des États du Sahel (AES), projet régional des sahéliens visant à renforcer la coopération 3D : Défense, Développement et Diplomatie au Sahel, divise sur les réactions diverses dans plusieurs pays francophones d’Afrique de l’Ouest et centrale. Une récente enquête d’opinion a mesuré le ressenti des populations au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Sénégal et au Togo concernant la création de cette alliance. Le 16 septembre 2025 marque les 2 ans de l’Alliance des États du Sahel (AES), unissant Burkina Faso, Mali et Niger contre le terrorisme. Fondée sur le traité de Liptako-Gourma, cette confédération repose sur un pacte de défense mutuelle face aux rebellions et agressions.

Un soutien majoritaire mais nuancé
Globalement, la majorité des populations interrogées se montrent favorables à la création de l’AES. Ainsi, plus de la moitié des personnes interrogées dans ces pays expriment un soutien à cette initiative. Les chiffres varient toutefois d’un pays à l’autre. Au Togo et en Guinée, les taux d’adhésion sont parmi les plus élevés, avec respectivement 68% et 58% de répondants favorables. Suivent de près le Cameroun, avec 57%, et la Côte d’Ivoire, où 46% des personnes interrogées se déclarent favorables. Ces résultats traduisent un intérêt réel pour un mécanisme perçu comme une réponse aux défis sécuritaires et économiques propres à la région du Sahel.

Au Sénégal, le soutien est plus réservé, avec seulement 39% d’avis favorables. En revanche, au Bénin, pays d’origine du projet, 52% des sondés estiment que l’AES est une initiative positive. Le sondage a également relevé une part non négligeable d’indécis, notamment ceux qui considèrent la création de l’AES comme « ni bonne ni mauvaise ». Cette catégorie représente en moyenne entre 8% et 13% selon les pays, avec des taux plus importants en Guinée (13%), au Sénégal (13%) et au Togo (12%).
Quant à ceux qui perçoivent l’AES comme une mauvaise initiative pour la région, ils restent globalement minoritaires, oscillant autour de 1% à 6% selon les pays. Le Togo enregistre cette perception négative à 6%, tandis que d’autres pays comme la Guinée, le Sénégal et le Cameroun y sont très peu sensibles. Cette répartition témoigne d’une prudence certaine, avec des populations conscientes des enjeux mais aussi attentives aux risques politiques et économiques que pourrait engendrer un tel rassemblement régional.

Les Ivoiriens, un soutien marqué parmi les francophones
Une donnée à retenir concerne particulièrement la Côte d’Ivoire : environ 66% des Ivoiriens se déclarent pro-AES, dépassant ainsi largement la moyenne des pays sondés. Ce soutien témoigne d’une prise de conscience accrue des enjeux de sécurité dans la région et d’un désir d’engagement dans des mécanismes de coopération collective. Cette tendance s’explique en partie par la proximité géographique et économique avec la zone sahélienne, ainsi que par la volonté politique affichée dans la région ivoirienne de contribuer à la stabilité et au développement.

L’enquête souligne aussi que ce soutien ivoirien à l’AES est bien ancré dans l’opinion publique, ce qui pourrait influencer les orientations politiques du pays dans les mois à venir. Bien que les opinions varient, le projet AES fait l’objet d’un intérêt réel et d’un appui majoritaire dans plusieurs capitales africaines. Ce constat ouvre la voie à une collaboration renforcée entre les pays francophones dans la lutte contre les menaces sécuritaires et la promotion du développement économique régional.

Les prochaines étapes consisteront certainement à traduire ce soutien populaire en décisions concrètes au niveau gouvernemental, en veillant toutefois à bien intégrer les spécificités et préoccupations propres à chaque pays. Dans un contexte où la stabilité reste fragile et où les enjeux de sécurité et de développement sont étroitement liés, l’AES pourrait constituer un cadre novateur pour accroître la coopération et répondre aux attentes des populations.

 

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