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Boga Sako, Souley de Paris, Gbagbo Koné : “Trop c’est trop” muscle sa diaspora

Le mouvement citoyen « Trop c’est trop » étend son réseau à la diaspora, en mobilisant figures politiques et activistes pour contester le quatrième mandat d’Alassane Ouattara jugé anticonstitutionnel.

Le mouvement citoyen « Trop c’est trop » a officialisé la nomination de ses responsables pour la diaspora, couvrant l’Afrique, l’Europe, l’Amérique et l’Asie. La décision, datée du 20 septembre et signée par Damana Adia Pickass, coordonnateur général du comité opérationnel, vise à structurer son réseau à l’international.

Une organisation continentale
Selon le texte, Jean-Blaise Ayemene Yavo, dit Kakry Khaza, est désigné coordonnateur de la diaspora. Sous son autorité, des superviseurs continentaux et responsables nationaux sont nommés pour encadrer les activités du mouvement.

Chaque continent dispose ainsi de relais chargés de structurer les actions locales et de coordonner les initiatives, afin d’assurer une présence organisée et efficace du mouvement à l’international.

En Afrique, le dispositif couvre le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal-Gambie, le Cameroun et l’Afrique du Sud. En Europe, il s’étend à la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne-Portugal.

En Amérique et en Asie, des relais ont également été désignés pour coordonner les actions, notamment aux États-Unis, au Canada et en Russie. Cette organisation continentale permet au mouvement de renforcer sa visibilité et sa mobilisation à l’échelle mondiale.

Des figures connues de l’opposition
La structuration internationale du mouvement rassemble à la fois des acteurs politiques et des activistes. Parmi elles, Dr Boga Sako Gervais, fondateur et président d’honneur de la FIDHOP (Fondation Internationale pour l’Observation et la Surveillance des Droits de l’Homme et de la Vie Pacifique), est un acteur incontournable. Rentré en Côte d’Ivoire en juillet 2021 après dix ans d’exil, il a repris le chemin de l’exil à partir de mi-juin 2025. Dans une vidéo diffusée le 18 juin, il affirmait avoir échappé à une interpellation clandestine, quelques jours après une conférence de presse organisée le 9 juin aux côtés de ses alliés de la PEC-CI. Très critique à l’égard des dérives du processus électoral en Côte d’Ivoire, il devient désormais Superviseur continental pour l’Amérique, chargé de coordonner les actions du mouvement aux États-Unis et au Canada.

En Europe, le mouvement a désigné comme adjoint du superviseur principal Éric Gahie Mel, Traoré Souleymane, alias « Souley de Paris B.52 ». Proche des mouvances pro-Soro et très actif sur les réseaux sociaux, ce cybermilitant s’est fait remarquer par ses directs incisifs, dans lesquels il critique avec virulence le pouvoir ivoirien. Désormais intégré à une structure organisée, il devra canaliser sa notoriété numérique pour mobiliser dans des pays clés comme la France, l’Allemagne et l’Espagne.

Pour l’Afrique, la supervision est confiée à Jean-Blaise Ayemene, assisté de Souleymane Gbagbo Koné, cyberactiviste du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). Ce dernier a récemment fait parler de lui en France, où il avait été arrêté le 27 février 2025 à son domicile de Villeneuve-Saint-Georges et placé en centre de rétention sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Libéré le 7 mars, il avait indiqué vouloir « rejoindre l’espace AES (Alliance des États du Sahel) ». Connu pour ses critiques acerbes du régime d’Abidjan, il apporte désormais son expérience et sa visibilité au mouvement sur le continent.

Contexte politique tendu
Créé par Laurent Gbagbo, « Trop c’est trop » se veut un cadre de mobilisation citoyenne au-delà des clivages partisans. Ses initiateurs le présentent comme un outil fédérateur pour syndicats, associations, jeunes, femmes, enseignants, travailleurs précaires ou encore paysans.

Le mouvement bénéficie du soutien du PDCI de Tidjane Thiam et du GPS de Guillaume Soro, mais également de Pascal Affi N’Guessan, qui s’est récemment rapproché de Laurent Gbagbo.

Cette structuration internationale intervient alors que le Conseil constitutionnel a validé la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat et rejeté celles de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.

Depuis la mi-septembre, le PPA-CI et ses alliés déposent des motions de protestation dans plusieurs préfectures. Ils exigent des « élections inclusives et transparentes », une révision du fichier électoral et l’égalité de traitement entre les candidats.

En renforçant sa présence dans la diaspora, le mouvement « Trop c’est trop » entend disposer de relais à l’étranger pour contester le quatrième mandat d’Alassane Ouattara, qu’il juge anticonstitutionnel, et soutenir la mobilisation enclenchée sur le terrain en Côte d’Ivoire.

 

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