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Présidentielle 2025 : Blé Goudé appelle à « donner sa voix et non sa vie »

Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a réaffirmé mercredi son en faveur d’un processus électoral pacifique, malgré les frustrations liées à l’exclusion de plusieurs leaders de l’opposition de la liste électorale et des candidatures à la présidentielle du 25 octobre.

À l’issue d’une rencontre à Abidjan avec Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, l’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo a dénoncé une situation « inchangée » depuis ses précédents échanges avec le diplomate onusien, en août à Dakar.

« Nous avons expliqué au représentant spécial que la situation de certains leaders de l’opposition radiés de la liste électorale n’avait pas évolué. Moi-même, je ne figure pas sur cette liste, tout comme bien d’autres responsables », a-t-il déclaré devant la presse.

Ce que nous demandons aux Ivoiriens, c’est de donner leur voix et non de donner leur vie
Selon lui, l’exclusion de figures de l’opposition nourrit la colère des militants. « Deux voies s’offrent à nous : la confrontation physique ou la confrontation par les urnes », a-t-il expliqué. Convoquant les violences post-électorales de 2010-2011, il a mis en garde contre les conséquences tragiques de la première option : « Ce sont des meurtres, des morts, des blessés. Ce que nous ne voulons pas », a-t-il souligné.

Le choix de la confrontation dans les urnes
À l’inverse, M. Blé Goudé a plaidé pour une mobilisation citoyenne autour du scrutin. « Le changement que les Ivoiriens souhaitent ne peut s’obtenir qu’aux urnes, sans faire couler le sang. Aucun Ivoirien ne doit plus mourir pour la politique. On fait la politique pour améliorer les vies », a-t-il insisté.

« Ce que nous demandons aux Ivoiriens, c’est de donner leur voix et non de donner leur vie », a ajouté le leader du COJEP, se disant déterminé à « aller vers les populations pour partager cette vision ».

Une démarche saluée
Avant le COJEP et Charles Blé Goudé, la délégation onusienne avait déjà rencontré le président sortant Alassane Ouattara, candidat à un nouveau mandat, ainsi que Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et des responsables du PDCI.

Leonardo Simão a salué la disponibilité de Charles Blé Goudé, qu’il a décrit comme « un homme de paix ». « J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Il est une personnalité qui a vécu beaucoup de difficultés. Mais il n’a pas gardé la haine. Il n’a pas gardé de rancune. Il a choisi une voie de paix et de stabilité », a exprimé le diplomate mozambicain.

Ce choix en faveur de la paix et de la stabilité, selon M. Simão, « n’est pas un choix facile, mais il profite à ses concitoyens ». « Nous soutenons cette démarche et l’encourageons à continuer de travailler avec les autorités ivoiriennes pour des décisions apaisantes », a-t-il ajouté.

Un contexte socio-politique tendu
La rencontre s’inscrit dans une série de consultations menées par l’émissaire du secrétaire général de l’ONU avec les principaux acteurs politiques ivoiriens. Elle intervient dans un contexte particulièrement tendu, à un mois d’un scrutin jugé déterminant pour la stabilité du pays.

Plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan, ont vu leur dossier de candidature invalidé par le Conseil constitutionnel. Les concernés rejettent en bloc les motifs avancés pour justifier ce rejet, laissant planer un climat de tension autour du processus électoral.

Les contestations de l’opposition portent également sur la régularité du scrutin et la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat, qu’elle juge en violation de la Constitution ivoirienne.

 

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