
Le Procureur a été clair : « désormais, les propriétaires de pages Facebook, TikTok, Instagram et bien d’autres réseaux sociaux seront considérés comme complices des mauvais commentaires publiés sur leurs pages et pourront être poursuivis devant la justice ». Une décision qui vise à garantir la paix et la cohésion sociale, mais que plusieurs influenceurs, blogueurs et cyberactivistes perçoivent comme une restriction à la liberté d’expression.
Supprimer Facebook en Côte d’Ivoire : la solution ?
Sur les réseaux sociaux Facebook et TikTok, les réactions se multiplient. « Donc si on publie un post qui n’a rien à voir avec la politique, ou encore un simple post et qu’un internaute vient insulter un autre ou diffamer une personne, je serai poursuivi ? », interroge un internaute Facebook, avant de lâcher « Si oui, dans ce cas, c’est mieux de fermer Facebook en Côte d’Ivoire. ».
« La responsabilité pénale est individuelle. On ne peut pas poursuivre une personne pour un commentaire qu’elle n’a pas écrit », explique un étudiant en droit.
D’autres vont encore plus loin en ironisant sur la situation. « À cette allure, nous devrons tous abandonner les réseaux sociaux et recommencer à acheter les journaux comme à l’ancien temps », écrit un autre. Pour beaucoup, la décision du parquet rend la gestion des pages presque impossible, surtout lorsque celles-ci génèrent plusieurs centaines de commentaires par publication.
Entre faisabilité et responsabilité pénale
Au-delà des critiques, certains internautes pointent une contradiction juridique. « La responsabilité pénale est individuelle. On ne peut pas poursuivre une personne pour un commentaire qu’elle n’a pas écrit », explique un étudiant en droit, rappelant que ses cours précisaient cette règle fondamentale. Selon lui, la mesure du procureur est « inapplicable », car il est difficile pour un administrateur de contrôler des centaines de messages en temps réel.
Toutefois, certains reconnaissent que la démarche du parquet part d’une bonne intention : limiter les discours haineux et protéger la cohésion sociale à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Mais tous s’accordent sur un point : si l’initiative est compréhensible, sa mise en œuvre reste quasi impossible dans un environnement numérique où la liberté d’expression et l’anonymat dominent.


