04302026Headline:

CMU: leaders religieux et communautaires en première ligne pour promouvoir l’accès aux soins

En Côte d’Ivoire, où l’accès aux soins reste limité pour une grande partie de la population, les dirigeants religieux et communautaires se mobilisent pour rapprocher les populations de la Couverture Maladie Universelle (CMU).
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Lancée il y a quelques années, cette réforme sociale demeure un outil clé pour réduire les inégalités sanitaires, mais son appropriation par les ménages, notamment ceux du secteur informel, reste un défi. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2021, à peine 45 % des femmes en âge de procréer et 53 % des enfants de moins de cinq ans ont eu accès à des soins dans une formation sanitaire. La précarité économique, le manque d’éducation financière et les contraintes familiales expliquent en grande partie ces difficultés.

Une alliance multisectorielle Pour relever ce défi, l’Alliance des Religieux pour la Santé Intégrale et la Promotion de la Personne Humaine (ARSIP) s’est associée à la Direction Générale de la CMU, à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), à la Banque mondiale et aux autorités locales. Ensemble, ils entendent faire des dirigeants religieux, coutumiers et communautaires des relais essentiels pour convaincre les populations d’adhérer à la CMU.

« Le développement durable repose sur l’autonomisation économique et sociale des individus. C’est pourquoi nous encourageons les communautés à considérer la CMU comme une épargne santé mutualisée », explique un responsable de l’ARSIP. Le projet repose sur trois axes : le plaidoyer auprès des autorités et dirigeants locaux, le renforcement des capacités des acteurs communautaires et la communication pour le changement social et comportemental. Des résultats tangibles sur le terrain Les premiers effets sont déjà visibles. Parmi 127 807 personnes sensibilisées dans les lieux de culte et les villages, 69 116 travailleurs du secteur informel ont été enrôlés à la CMU.

Sur ce total, 6 789 ont reçu leur carte sur place, et 7 733 personnes, déjà inscrites mais n’ayant pas retiré leur carte, ont pu le faire grâce aux campagnes de proximité. Au final, plus de 3 000 adhérents ont reçu des soins via leur couverture, preuve de l’impact concret du dispositif. Les mutuelles de développement, au nombre de 225, sont également engagées dans le processus, tandis que 1 695 groupes religieux ont participé activement aux actions de sensibilisation.

Le projet couvre aujourd’hui 28 des 31 régions du pays, témoignant d’une mobilisation nationale inédite. Le rôle crucial des dirigeants religieux Dans un pays où les communautés religieuses et traditionnelles jouent un rôle déterminant, leur implication est perçue comme un facteur décisif pour surmonter les réticences liées aux cotisations. Dans les mosquées, les églises et les chefferies traditionnelles, les messages de sensibilisation insistent sur l’importance de la prévention et de la solidarité face aux maladies.

« Les fidèles écoutent leurs guides spirituels. Quand ces derniers expliquent que la CMU est une protection pour la famille, les populations adhèrent plus facilement », confie un chef communautaire d’Abobo. Vers une santé accessible pour tous Au-delà des chiffres, cette dynamique traduit un changement culturel. En promouvant l’épargne santé et en rapprochant les citoyens de leurs droits, les dirigeants religieux et communautaires contribuent à inscrire la CMU dans les habitudes. L’enjeu, selon l’ARSIP, est désormais de maintenir cet élan et d’étendre la couverture à toutes les régions. Car, conclut un responsable, « l’accès aux soins n’est pas un privilège, mais un droit fondamental que la CMU doit garantir à chaque Ivoirien ».

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