« S’unir pour bâtir, c’est grandir ensemble ». C’est le nouveau credo de la diaspora burkinabè en République de Côte d’Ivoire. De San Pedro, Soubré, Divo, Bouaké, Man, Daloa…, les burkinabè ressortissants du Nord se confondent à ce nouveau slogan au regard du travail de fourmi qu’ils doivent abattre depuis les différentes villes de la Côte d’Ivoire pour accompagner la « mère-patrie ». Opérateurs économiques, planteurs, cadres et autres compatriotes diversement établis, s’inscrivent dans cette dynamique aux côtés de l’ADES Nord.
Mue par le slogan du « faire autrement », cette unité et foi nouvelle devront se manifester par de grands ouvrages scientifiques et économiques. Forte de plusieurs centaines de membres registrés, l’Association pour le développement économique et social du Nord du Burkina Faso, section Côte d’Ivoire (ADES Nord CI) emboîte le grand pas à sa sœur jumelle de Ouagadougou et Ouahigouya dans le cadre de la promotion du partenariat sud-sud. En assemblée générale, ce 27 septembre 2025 à Yamoussoukro, les Burkinabè du Nord en Côte d’Ivoire ont unifié leurs énergies et forces afin de mieux téléguider le développement des deux pays frères.
Démontrer que les Burkinabè sont unis et travaillent
L’ADES Nord CI s’érige tel un pont entre la diaspora et sa région d’origine. Les échanges riches lors de l’assemblée générale tenue de Yamoussoukro témoignent de l’élan commun qui anime cette communauté. L’ADES Nord CI suit le sillage de sa sœur aînée du Burkina dans la promotion du partenariat interactif. « Nous sommes honorés de ce rassemblement, et je vous encourage à travailler ensemble pour faire avancer le développement économique et social de notre région », a déclaré lors de l’ouverture Kiswendsida Salif Ouédraogo, président de l’association.
L’opérateur économique note que le Nord du Burkina regorge de richesses naturelles (or, coton, fruits, maraîchage) et que son ambition est de positionner cette région comme un hub économique attractif pour les investisseurs.
Ce qui suppose de créer des emplois pour les jeunes et les femmes, mais aussi d’éradiquer la menace terroriste qui fragilise le pays. Solidarité envers les personnes déplacées internes et patriotisme sont également des valeurs fortes promues au sein de l’association. « Mon plus grand rêve est de montrer au monde que nous ne sommes pas divisés, que nous sommes un peuple avec nos qualités et nos défauts, mais surtout que nous voulons valoriser nos forces », a affirmé le président Ouédraogo.
L’image du Burkinabè travailleur, intègre et déterminé doit être mise en avant pour mieux inscrire cette diaspora dans la réussite. Accompagnés d’une équipe scientifique de l’Université de Daloa, les membres de l’ADES Nord CI conduisent une étude sur la filière cacao afin d’analyser ses potentialités et asseoir une relance rentable. L’objectif est d’adapter les stratégies de financement et d’organisation pour optimiser l’économie agricole un secteur clé pour la région.
Des actions concrètes pour une communauté soudée
Depuis sa création en avril 2025, l’association a multiplié les initiatives. Elle a installé des sections à San Pedro et Bouaké, qui commencent à générer des projets concrets, comme la commercialisation d’eau en bouteille ou la gestion collective de biens immobiliers. Ces actions visent à alimenter à minima une caisse commune servant au développement des activités de la communauté. Les sorties régulières vers des entreprises emblématiques montrent que les Burkinabè savent s’imposer dans le tissu économique ivoirien.
La visite d’une usine de bois, d’une grande quincaillerie ou d’autres structures dans la région souligne cette dynamique économique « où chacun trouve sa place ». L’association prévoit aussi une journée d’hommage, le 24 décembre, pour reconnaître les mérites de ses membres méconnus, ainsi que la mise en place d’un comité d’évaluation qui ira sur le terrain pour recenser les réalisations des Burkinabè dans toute la Côte d’Ivoire.
L’appel à la solidarité et à la responsabilité financière
Le financement de cette dynamique repose sur une cotisation volontaire ayant pour but de consolider l’association, d’ancrer ses actions dans la solidarité sociale, et de soutenir la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Les membres sont ainsi encouragés à contribuer, chacun à la hauteur de ses moyens, pour bâtir une organisation forte et durable. Plusieurs cotisations significatives ont déjà été enregistrées, confirmant l’engagement des acteurs économiques de la diaspora.
Un rêve partagé entre Burkina et Côte d’Ivoire
Ce rassemblement à Yamoussoukro est aussi l’occasion de rappeler que la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire compte potentiellement plusieurs millions de personnes, une force humaine souvent mal estimée. Leur rôle économique et social est déterminant, et l’ADES Nord CI veut démontrer que l’union fait la force. « Trop longtemps, on nous a dit que nous ne savions pas nous rassembler. Aujourd’hui, nous sommes là et nous nous structurons », a martelé Kiswendsida Salif Ouédraogo, pour souligner que la diaspora est déterminée à être actrice de son développement.
Un consensus se dégage aussi sur la nécessité de dépasser les divisions régionales, car le combat que mène le Burkina Faso aujourd’hui, notamment contre le terrorisme, concerne tous ses fils sans distinction. Conscient que la pérennité de cette dynamique passe par l’implication de tous, l’ADES Nord CI met un point d’honneur à encourager la participation des jeunes et des femmes.
Des projets sont déjà avancés pour créer des unités de transformation d’huile de palme, et d’autres initiatives naissent pour soutenir les femmes entrepreneures. Enfin, des efforts sont menés pour transmettre les savoirs et expériences aux générations futures, afin que la coopération entre opérateurs économiques reste fructueuse et porteuse de changement. L’ADES Nord Côte d’Ivoire dressé le portrait d’une diaspora engagée, consciente de son potentiel économique et social, prête à contribuer activement au développement de sa région d’origine. En s’appuyant sur la solidarité, la formation et la rigueur, cette association entend jouer un rôle essentiel dans le futur du Burkina Faso.



