
C’était à l’occasion du traditionnel compte rendu du Conseil des ministres, tenu le 1er octobre 2025. Interrogé sur la manifestation projetée par l’opposition, qui entend réclamer des élections « transparentes, inclusives et apaisées », le ministre de la Communication a répondu : « En tant que porte-parole, je ne suis pas au courant de cette marche. J’interrogerai mon collègue du ministère de l’Intérieur. Pour l’heure, je n’ai aucune information à ce sujet. »
Marche pacifique
Dans un communiqué publié le 26 septembre, la coalition « Front commun », regroupant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), avait bel et bien annoncé l’organisation d’une grande marche pacifique le 4 octobre.
Le Front commun PPA-CI–PDCI-RDA informe l’ensemble des militantes, militants, sympathisants ainsi que tous les Ivoiriens épris de justice, de démocratie et de paix de l’organisation d’une grande marche pacifique le samedi 4 octobre 2025 à Abidjan
« Le Front commun PPA-CI–PDCI-RDA informe l’ensemble des militantes, militants, sympathisants ainsi que tous les Ivoiriens épris de justice, de démocratie et de paix de l’organisation d’une grande marche pacifique le samedi 4 octobre 2025 à Abidjan », pouvait-on lire dans la note cosignée par Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, et Noël Akossi Bendjo, coordinateur général du PDCI-RDA.
Selon les organisateurs, cette mobilisation citoyenne vise à « exiger un dialogue politique » et à dénoncer les conditions jugées inéquitables du processus électoral. Des missions de mobilisation ont d’ailleurs été lancées dès le 27 septembre dans plusieurs communes d’Abidjan.
Un climat politique tendu à l’approche du scrutin
L’ annonce de cette marche intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions à trois semaines de la présidentielle. Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé plusieurs candidatures de figures majeures de l’opposition.
L’ancien président, Laurent Gbagbo et l’ex-ministre du Plan, Tidjane Thiam ont été recalés pour absence sur la liste électorale. D’autres, comme Affi N’Guessan, Assalé Tiémoko ou Vincent Toh Bi, ont vu leurs dossiers rejetés pour insuffisance de parrainages.
Sur les 60 candidatures déposées, seules cinq ont été retenues : celles du président sortant Alassane Ouattara, de Simone Ehivet Gbagbo, d’Ahoua Don Mello, de Jean-Louis Billon et d’Henriette Lagou. Les candidats écartés dénoncent unanimement une décision « politique » visant à verrouiller le scrutin.
Dans ce climat tendu, la marche annoncée par le Front commun apparaît comme un nouveau test de la capacité de l’opposition à mobiliser ses partisans et à peser sur le processus électoral.


