Le procureur Oumar Braman Koné, directeur de la section antiterroriste, s’est réuni en garde contre des appels à la violence assimilables aux actes terroristes, à quelques jours d’une présidentielle sous haute tension.
Le procureur de la République près le tribunal d’Abidjan et directeur de la section antiterroriste, Oumar Braman Koné, a mis en garde jeudi 16 octobre 2025 contre la montée de discours violents et de comportements susceptibles de s’apparenter à des « entreprises terroristes » à l’approche de la présidentielle du 25 octobre.
Des messages inquiétants
Cette sortie du parquet intervient dans un contexte de tensions politiques marquées par des appels à poursuivre les manifestations dans tout le pays. Le procureur a confirmé qu’environ 700 personnes ont été interpellées dans le cadre des récentes manifestations, notamment à Abidjan et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays.
Selon le magistrat, les premières conclusions des enquêtes ouvertes à la suite de la marche interdite du 11 octobre font état d’échanges numériques « très préoccupants » découverts sur les téléphones des personnes interpellées. Ces messages, à-il indiqué, vont bien au-delà d’une simple contestation politique.
« Certains individus se présentant comme des ex-militaires ont donné des consignes pour paralyser la ville, fermer des ambassades, brûler des véhicules et attaquer des préfectures afin d’empêcher le quatrième mandat illégal », a révélé Braman Koné. « En réalité, il s’agit des actes de terrorisme », a-t-il affirmé.
Il a également indiqué que les échanges interceptés sur des groupes WhatsApp faisaient référence à des cibles françaises et libanaises, ce qui, selon lui, constituent une menace sérieuse contre la sécurité nationale.
Une “main lourde”
Les enquêtes, conduites par la section antiterroriste et les services de renseignement, visent à déterminer si ces appels violents ont été coordonnés par des réseaux politiques ou des cellules radicalisées exploitant la période électorale pour déstabiliser le pays.
Face à cette situation, le procureur appelle la jeunesse à se désolidariser de toute action visant à semer le chaos ou à attaquer les symboles de l’État.
« Ne brisez pas votre carrière pour des hommes politiques cachés derrière des écrans et qui vous lancent des appels à l’insurrection », a t-il insisté, ajoutant que son parquet « va avoir la main lourde lorsque nous allons prendre nos réquisitions à l’audience ».



