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Convocation de cadres du Front commun: PPA-CI et PDCI dénoncent une manœuvre électorale

Le Front commun (PDCI-PPACI) dénonce une « manœuvre politique » après la convocation de plusieurs de ses cadres à la police, accusant le pouvoir de vouloir les écarter des prochaines législatives.

Plusieurs cadres du Front commun, alliance regroupant le PDCI-RDA et le PPA-CI, ont été convoqués les 27 et 28 octobre à la préfecture de police d’Abidjan. Selon leurs représentants, ces convocations visent à « empêcher » certains proches de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam de participer aux prochaines élections législatives prévues dans les semaines à venir.

Lors d’un point de presse organisé à Abidjan ce 29 octobre marqué par la présence de quelques cadres du PDCI, le député de Bloléquin et secrétaire général du PPA-CI, Jean-Gervais Tchéidé, également porte-parole adjoint du parti, a pris la parole au nom du Front commun pour dénoncer ce qu’il qualifie de « vague de convocations arbitraires » visant les cadres de l’opposition. « Les personnalités convoquées sont les collaborateurs proches et directs du président Laurent Gbagbo et du président Tidjane Thiam », a-t-il déclaré.

« Sous contrôle judiciaire »
Du côté du PDCI-RDA, les personnalités convoquées comprennent notamment Noël Akossi Bendjo, vice-président du parti, Sylvestre Emou, député-maire de Port-Bouët, Augustin Dia Houphouet, député de Yopougon, et Alain Cocauthrey, ancien ministre et directeur de cabinet du président du PDCI.

Au PPA-CI, la liste inclut entre autres le professeur Hubert Oulaye, président du groupe parlementaire du parti, Damana Adia Pickass, coordonnateur opérationnel du Front commun, Maître Abiba Touré, porte-parole du PPA-CI et du Front commun, ainsi que Demba Traoré, représentant du parti à la Commission électorale indépendante.

Selon M. Tchéidé, « ces convocations surviennent à un moment critique, après un scrutin présidentiel marqué par des contestations et à l’approche des législatives ». Il estime que le pouvoir en place chercherait à neutraliser l’opposition en « mettant sous contrôle judiciaire les figures influentes susceptibles de briguer un siège au Parlement » alors que les élections législatives sont programmées pour le 27 décembre prochain.

Le pays, “une prison à ciel ouvert”
Le Front commun dénonce ce qu’il considère comme une « stratégie cousue de fil blanc » du régime RHDP pour « instaurer un parti unique » et affaiblir les deux principales formations d’opposition. Le mouvement accuse également le pouvoir de « répression systématique » depuis 2011 et appelle la communauté internationale à « observer de près la dérive autoritaire » du régime d’Alassane Ouattara.

« Notre pays est devenu une prison à ciel ouvert, où la moindre voix discordante expose son auteur à des poursuites judiciaires », a ajouté le porte-parole adjoint du PPA-CI.
Toutefois, selon une information rapportée en fin de conférence, les poursuites engagées contre les cadres convoqués auraient été suspendues. Le Front commun dit « prendre acte » de cette évolution, tout en exigeant « l’arrêt immédiat des procédures et la libération sans condition de toutes les personnes détenues pour leurs opinions politiques ».

Malgré ces tensions, le Front commun affirme rester « ouvert au dialogue », que ses dirigeants Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam présentent comme « le seul moyen de sauver la Côte d’Ivoire de l’abîme ».

Le mouvement appelle ses militants à « rester mobilisés » dans l’attente de nouvelles orientations politiques, alors que la période pré-électorale s’annonce déjà tendue. Aucune réaction officielle du gouvernement ou de la préfecture de police n’avait encore été enregistrée mardi en fin de journée.

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