Face aux risques d’asphyxie financière pour des milliers de producteurs, liés à la lenteur des déchargements dans les ports d’Abidjan et de San Pedro la Coordination rurale de Côte d’Ivoire a alerté le Conseil café-cacao, qui assure travailler à un déblocage rapide.
Le mercredi 19 novembre dernier à eu lieu une rencontre entre Ehora Yao Léonard, président de l’organisation paysanne de producteurs de cacao et le directeur de la commercialisation du café et du cacao. Selon le président de la CR-CI, la filière cacao se trouve face à une crise logistique d’une ampleur inhabituelle en Côte d’Ivoire. Il a expliqué que la lenteur du déchargement des cargaisons dans les ports d’Abidjan et de San Pedro crée un blocage généralisé, compromettant l’évacuation des fèves et fragilisant des milliers de producteurs déjà éprouvés par la variabilité du marché. « Depuis le début de la campagne, les connaissances sont validées au compte-gouttes et les déchargements se font par rendez-vous. Le processus de la commercialisation est très enrhumé”, a alerté le président de la coordination rurale de Côte d’Ivoire.
Catastrophe imminente
Ce réduit, fait-il savoir, entraîner une accumulation inhabituelle des stocks dans les zones de production. Ce qui provoque des conséquences « immédiates et dramatiques » dans les zones de productions.
“Aujourd’hui, les producteurs ne savent pas comment faire. Leurs productions se trouvent dans leurs maisons, les magasins des sociétés coopératives sont remplies. C’est vraiment très difficile actuellement”, témoigne la coordination.
Dans plusieurs localités, les coopératives ne disposent plus de capacités de stockage suffisantes. « Les magasins sont pleins, les chargements restent dans les villages et certains producteurs gardent leurs fèves à domicile. La situation devient très difficile », a déploré la CR-CI, évoquant un risque de « catastrophe » si aucune mesure correction n’est rapidement mise en œuvre.
M. Yao explique que pour de nombreux planteurs, l’incapacité à écouler leur production entraîne des retards de paiement, mettant en péril leur trésorerie et leur capacité à faire face aux dépenses courantes. Et d’ajouter que plusieurs coopératives signalent déjà des tensions financières liées à l’immobilisation prolongée des marchandises.
Le CCC assure que des actions sont en cours C’est face à cette urgence que la CR-CI a sollicité l’autorité de régulation. Lors de l’entretien, qui s’est déroulé dans les bureaux du CCC à la Caistab, le Directeur de la Commercialisation Intérieure a reconnu la gravité de la situation.
Il a toutefois tenu à rassurer la Coordination Rurale, indiquant que “toutes les actions et démarches sont en cours pour le règlement de cette situation”.
La CR-CI et toute la filière cacaoyère attendent désormais avec impatience la mise en œuvre rapide de ces solutions. Il est impératif qu’une solution soit trouvée d’urgence pour fluidifier le trafic portuaire, accélérer les déchargements et permettre aux producteurs d’être payés pour leur labeur.
Première puissance cacaoyère mondiale, la Côte d’Ivoire dépend fortement de la bonne tenue de sa campagne de commercialisation. Pour les organisations paysannes, un retour rapide à la normale est indispensable à la stabilité économique des régions rurales



