Une rumeur alarmante faisant état de la mort de douze gendarmes ivoiriens lors d’une attaque terroriste circule depuis le week-end sur les réseaux sociaux. Après vérification auprès des autorités compétentes, cette information est fausse. Aucun incident de cette nature n’a été enregistré.
Une rumeur virale aux accents sécuritaires. Depuis le 11 janvier 2026, plusieurs publications largement relayées sur Facebook affirment qu’une attaque terroriste aurait fait douze morts au sein de la gendarmerie ivoirienne. Les messages, souvent accompagnés d’images de militaires lourdement armés ou de véhicules en patrouille, évoquent également des « captifs » et suggèrent un lien politique, certains insinuant un relâchement sécuritaire au sommet de l’État.
Ces contenus ont suscité de nombreuses réactions, parfois anxiogènes, dans un contexte régional marqué par des attaques djihadistes récurrentes au Sahel et dans le nord de certains pays côtiers.
Des images sorties de leur contexte
Contactés par AbidjanTV.net, les canaux officiels de sécurité en Côte d’Ivoire démentent formellement ces informations. Dans une publication datée du 12 janvier 2026, Alertes 100, la plateforme nationale de veille sécuritaire, indique qu’après vérification auprès des services compétents, « aucune attaque n’a causé la mort de douze gendarmes en Côte d’Ivoire ».
L’ANSSI-CI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), via son dispositif de fact-checking, classe également ces publications comme fake news, soulignant leur potentiel de nuisance pour la paix sociale.
L’analyse des visuels utilisés montre qu’ils ne sont pas liés à un événement récent en Côte d’Ivoire. Certaines photos circulent depuis plusieurs années et proviennent de zones de conflit hors du territoire ivoirien. D’autres ont déjà été utilisées dans des publications trompeuses antérieures, recyclées pour donner une apparence de crédibilité à la rumeur.
Par ailleurs, aucun média ivoirien reconnu, ni aucune source internationale fiable, n’a fait état d’une attaque de cette ampleur dans le pays.
Contexte sécuritaire sensible
Cette fausse alerte sur la mort de douze gendarmes intervient dans un contexte sécuritaire réel mais maîtrisé en Côte d’Ivoire. En 2025, le pays a été confronté à plusieurs rumeurs et à quelques incidents isolés, sur fond de menace djihadiste persistante dans la sous-région sahélienne.
En août, une incursion d’hommes armés non identifiés dans le village frontalier de Difita, au Nord, a fait quatre morts, ravivant les inquiétudes dans cette zone sensible. Depuis, les autorités maintiennent une vigilance renforcée le long des frontières avec le Mali et le Burkina Faso, où les groupes armés restent actifs.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire a été visée par des campagnes de désinformation récurrentes. En avril 2025, de fausses rumeurs d’attaques à Abidjan avaient déjà circulé sur les réseaux sociaux avant d’être démenties.
Dans son discours du 31 décembre 2025, le président Alassane Ouattara a rappelé que la sécurité demeure une priorité nationale, tandis que le ministre de la Défense a annoncé la construction prochaine d’une caserne militaire à Tengréla, à la frontière malienne.



