Cette décision est une conséquences de la montée du commerce illégal de cigarettes dans le pays.
La British American Tobacco South Africa (BATSA) a annoncé la fermeture de son usine de fabrication de cigarettes d’ici fin 2026, en raison de la croissance exponentielle du commerce illicite de cigarettes, qui représente désormais environ 75% du marché national.
L’usine d’Heidelberg, dans le Gauteng, en activité depuis 1975, ne fonctionne actuellement qu’à 35% de sa capacité, suite à l’effondrement des ventes légales. La BATSA attribue ce déclin directement à la prédominance des cigarettes illégales, vendues à des prix bien inférieurs au prix légal.
« Avec environ 75% du marché sud-africain de la cigarette désormais considéré comme illicite, la poursuite de la production locale est devenue non viable », a déclaré vendredi Johnny Moloto, responsable des affaires institutionnelles et réglementaires de la BAT pour l’Afrique subsaharienne.
L’entreprise adoptera un modèle d’approvisionnement basé sur les importations, mais indique qu’elle pourrait réinvestir dans la production locale si le commerce illicite est maîtrisé.
Cette fermeture menace environ et devrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la communauté de Lesedi, affectant les fournisseurs, les prestataires logistiques et les sous-traitants.
Selon Moloto, cette décision marque « un jour extrêmement difficile » pour l’entreprise et ses employés, confrontés à un marché illicite opérant en dehors des systèmes réglementaires et fiscaux.
Le commerce illicite du tabac en Afrique du Sud a explosé pendant l’interdiction de vente de tabac en 2020, liée à la Covid-19. Le Service des impôts sud-africain (SARS) a qualifié cette interdiction de tournant, suggérant qu’elle a renforcé les réseaux criminels et affaibli durablement le marché légal.
La hausse des taxes d’accise, supérieure à l’inflation, et le projet de loi sur le tabac – dont le SARS a averti qu’il pourrait aggraver les activités illicites – ont encore creusé l’écart entre produits légaux et illégaux.
La BATSA affirme avoir alerté le gouvernement depuis dix ans sur l’escalade de cette crise, mais estime que les mesures de répression sont insuffisantes pour protéger les fabricants légitimes.



