Réunie à Addis-Abeba, en Éthiopie, l’Union africaine a agi la levée des sanctions statutaires imposées à la République de Guinée. Cette décision, prise lors d’une session du Conseil de paix et de sécurité (CPS), met fin à plusieurs mois de suspension et permet à Conakry de reprendre pleinement sa place au sein des instances de l’organisation continentale.
La rencontre s’est tenue en présence d’une délégation guinéenne conduite par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger , Dr Morissanda Kouyaté. Pour les autorités guinéennes, cette étape constitue une reconnaissance officielle du chemin parcouru depuis la mise en place de la transition politique.
Une session décisive du Conseil de paix et de sécurité
Placée sous la présidence de la République démocratique du Congo, la session du CPS s’est penchée sur la situation politique et institutionnelle en Guinée. À l’issue des échanges, les membres du Conseil ont décidé de mettre un terme à la suspension qui frappait le pays depuis la prise du pouvoir par les militaires en septembre 2021. Cette levée des sanctions ouvre à nouveau à la Guinée l’accès à l’ensemble des organes de l’Union africaine, notamment les instances décisionnelles et consultatives. Elle lui permet également de participer aux travaux continentaux portant sur les questions de paix, de sécurité, de développement et d’intégration régionale. Pour Conakry, la décision du CPS revêt une portée politique importante. Elle intervient à l’issue d’un processus de dialogue constant entre les autorités de la transition et les partenaires africains. Depuis plusieurs mois, la Guinée multipliait les démarches diplomatiques afin de convaincre l’Union africaine de la sincérité de son engagement en faveur d’un retour progressif à l’ordre constitutionnel. Selon les autorités guinéennes, les réformes institutionnelles engagées, ainsi que les efforts en matière de gouvernance et de stabilisation sociale, ont pesé dans l’appréciation du CPS.
La levée de la suspension apparaît ainsi comme une validation des orientations prises par la transition.
La diplomatie guinéenne a joué un rôle central dans ce processus. Sous l’impulsion du ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, plusieurs initiatives ont été menées pour maintenir un dialogue ouvert avec les instances africaines. Des échanges réguliers ont permis d’exposer l’état d’avancement de la transition et les perspectives envisagées par les autorités de Conakry. La présence d’une délégation guinéenne de haut niveau à Addis-Abeba a également permis de défendre la position du pays devant les membres du Conseil de paix et de sécurité, dans un contexte où la crédibilité des transitions politiques reste un sujet sensible au sein de l’Union africaine. Dans son appréciation, le CPS a mis en avant les efforts consentis par la Guinée en matière de stabilité politique et sociale. Les autorités guinéennes ont, de leur côté, souligné les actions menées en faveur du dialogue national, de la cohésion sociale et de la préservation de la paix intérieure. La décision du CPS est perçue comme une reconnaissance des initiatives des entreprises pour maintenir l’unité nationale et éviter des tensions majeures dans un contexte de transition. Elle intervient alors que la Guinée poursuit la mise en œuvre de réformes socio-économiques destinées à répondre aux attentes d’une population confrontée à des défis structurels persistants.
Le leadership du chef de l’État mis en avant
Les autorités guinéennes attribuent également cette évolution au leadership du président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Chef de l’État et président de la transition, il est présenté comme l’architecte des orientations politiques actuelles, axées sur la stabilisation du pays et la refondation de l’État. Dans les communications officielles, le rôle du chef de l’État est associé à la promotion de valeurs telles que la paix, la solidarité nationale et le dialogue entre les différentes composantes de la société guinéenne. Des éléments qui ont été pris en compte par l’Union africaine dans son évaluation de la situation du pays. Avec la levée de sa suspension, la Guinée retrouve une visibilité diplomatique accrue au niveau continental. Ce retour dans les rangs de l’Union africaine ouvre la voie à une participation plus active aux initiatives régionales, notamment celles liées à la sécurité, à l’intégration économique et à la coopération Sud-Sud. Pour Conakry, il s’agit également d’un cadre renouvelé de coopération avec les partenaires africains, dans un contexte où les enjeux sécuritaires et économiques exigent une coordination renforcée entre les États.
La décision du CPS est accueillie favorablement par les autorités guinéennes, elle s’accompagne néanmoins d’attentes claires de la part de l’Union africaine. L’organisation continentale reste attentive à la poursuite du processus de transition et au respect des engagements pris par Conakry, notamment en matière de réformes politiques et institutionnelles. La levée des sanctions ne signifie pas la fin du suivi exercé par l’Union africaine, mais plutôt l’ouverture d’une nouvelle phase, fondée sur l’accompagnement et le dialogue. À Addis-Abeba, la décision du Conseil de paix et de sécurité a été vécue par la délégation guinéenne comme une étape symbolique dans le parcours engagé depuis plusieurs années. Elle conforte la position de la Guinée sur l’échiquier africain et renforce la légitimité de ses autorités auprès de leurs pairs. Dans l’immédiat, Conakry entend capitaliser sur cette dynamique pour poursuivre ses réformes et consolider ses relations avec les institutions africaines, dans un contexte régional marqué par de multiples transitions politiques.



