04282026Headline:

Cyclone Gezani à Madagascar : Au moins 31 morts et 80 % de la ville de Toamasina détruite

Madagascar décrète l’état de sinistre national après le passage meurtrier du cyclone Gezani. Face à l’ampleur des dégâts, Antananarivo lance un appel à la solidarité internationale. La Grande Île est sous le choc. Le cyclone tropical intense Gezani a frappé de plein fouet la côte est de Madagascar dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 février 2026, laissant derrière lui un paysage de désolation.

Avec des vents soufflant à 180 km/heure et des rafales atteignant 250 km/heure à l’impact, le phénomène a particulièrement ravagé la ville portuaire de Toamasina, deuxième pôle économique du pays. Face à ce désastre, le gouvernement a officiellement déclaré l’état de sinistre national en conseil des ministres, une décision qui ouvre la voie à la mobilisation de l’aide internationale.

Un drame dans le drame : 11 personnes noyées dans un conteneur
Selon le dernier bilan provisoire publié mercredi soir par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), le cyclone a causé la mort d’au moins 31 personnes. Vingt-neuf d’entre elles ont péri dans la région d’Atsinanana, dont Toamasina est le chef-lieu, et deux dans le district d’Ambatondrazaka, dans l’Alaotra Mangoro. Quatre personnes sont toujours portées disparues et 36 autres ont été blessées, certaines grièvement. Le nombre total de sinistrés dépasse désormais les 250 000 individus, répartis dans 68 406 ménages. Plus de 6 800 personnes, représentant 1 743 foyers, ont trouvé refuge dans 28 sites d’accueil d’urgence répartis sur seize districts. Les régions les plus touchées sont Atsinanana, Analamanga, Analanjirofo et Alaotra Mangoro. Sur le plan matériel, les chiffres donnent le vertige. À Toamasina, les autorités estiment que 80 à 90 % des infrastructures ont été endommagées ou détruites. L’hôpital d’Analankininina, les bâtiments de l’université, le port et de nombreux édifices administratifs sont gravement touchés. Plus de 54 000 cases et maisons d’habitation ont été partiellement ou totalement soufflées par les vents.

Le nombre total de sinistrés dépasse désormais les 250 000 individus, répartis dans 68 406 ménages. Plus de 6 800 personnes, représentant 1 743 foyers, ont trouvé refuge dans 28 sites d’accueil d’urgence répartis sur seize districts.
Dans le secteur éducatif, près de 500 salles de classe ont perdu leur toiture, 32 sont partiellement détruites et onze sont totalement à reconstruire. Parmi les scènes les plus poignantes de cette catastrophe, celle survenue dans la commune rurale d’Amboditandroho, à Toamasina II, restera longtemps dans les mémoires. Alors que le cyclone déchaînait sa fureur, 22 personnes, croyant trouver refuge dans un conteneur vide, s’y sont entassées. Mais la violence des vents a été telle que l’imposant caisson métallique a été emporté avant de terminer sa course dans la mer. Neuf personnes ont pu s’extraire et ont été prises en charge dans des établissements de soins. Les onze autres, parmi lesquelles une femme et un enfant, sont mortes noyées. Deux corps n’ont toujours pas été retrouvés. « Ils devaient craindre que leurs maisons soient détruites par les vents », a confié une source au sein de la direction régionale de la sécurité publique. « Les vents étaient exceptionnellement forts. » Une litote pour décrire une catastrophe hors norme.

L’état de sinistre national, un outil juridique pour mobiliser les secours
Face à l’ampleur des destructions, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, présent à Toamasina depuis plusieurs jours pour superviser les opérations, a proposé au gouvernement de déclencher la procédure d’état de sinistre national. Le conseil des ministres réuni mercredi a officialisé cette décision. Ce statut juridique, prévu par la Constitution malgache et encadré par la loi organique n°91-011 du 18 juillet 1991 relative aux situations d’exception, permet aux autorités de mettre en œuvre des mesures dérogatoires pour faire face à la catastrophe. L’état de sinistre national est initialement décrété pour une durée de quinze jours, renouvelable. Il offre la possibilité de mobiliser des moyens civils et militaires supplémentaires, de réquisitionner des services essentiels comme les transports, l’énergie ou les structures de santé, et d’ordonner des restrictions de circulation ou l’instauration d’un couvre-feu dans les zones les plus exposées. Surtout, cette déclaration constitue un préalable indispensable au déclenchement des appuis internationaux. « Madagascar ne peut pas s’en sortir seul par ses propres moyens », a sobrement admis le chef de l’État devant la presse. L’appel à la solidarité internationale a été officiellement lancé à destination des « partenaires et bailleurs de fonds ».

Toamasine, principal débouché maritime de Madagascar, paie un lourd tribut. Les installations portuaires, vitales pour l’économie nationale, ont subi d’importants dommages. Les digues ont cédé en plusieurs endroits, provoquant des inondations qui ont submergé de vastes étendues de rizières. Plusieurs routes sont coupées, entravant les secours et l’acheminement de l’aide. Le colonel Randrianirina a évalué à plus de 75 % le taux de destruction de la ville, un chiffre qui pourrait encore évoluer à mesure que les équipes du BNGRC accèdent aux quartiers les plus isolés. Le président a insisté sur le fait que le niveau de risque demeure élevé, notamment en raison des inondations persistantes, des fortes houles, des glissements de terrain et des effondrements d’habitations fragilisées.

Gezani et Fytia, une saison cyclonique meurtrière
Ce drame survient dans une saison cyclonique déjà éprouvante pour la Grande Île. Gezani est le deuxième phénomène majeur à frapper Madagascar en quelques semaines, après le passage du cyclone Fytia qui avait déjà causé des dégâts significatifs sur le nord du pays. La succession de ces deux événements météorologiques extrêmes a considérablement fragilisé les populations et les infrastructures, saturant les capacités d’intervention des services de secours. Le changement climatique, qui accroît la fréquence et l’intensité des phénomènes cycloniques dans le sud-ouest de l’océan Indien, place Madagascar dans une situation de vulnérabilité croissante. Chaque année, la saison des pluies et des cyclones rappelle la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et d’adaptation. Mais pour l’heure, l’urgence est ailleurs : sauver les survivants, soigner les blessés, héberger les sinistrés, et commencer à panser les plaies d’une région meurtrie. La capacité du gouvernement à coordonner efficacement les secours, la générosité des partenaires internationaux et la résilience légendaire du peuple malgache seront mises à l’épreuve. Toamasina, cité sinistrée, attend désormais que le monde se souvienne d’elle.

What Next?

Recent Articles