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Plaques irrégulières : face-à-face tendu entre un sénateur et Oumar Sacko, le DGTTC serein et imperturbable

Lors d’une opération nocturne contre les plaques irrégulières à Abidjan, un sénateur a vivement contesté la mise en fourrière de son véhicule, face à un Oumar Sacko resté ferme et imperturbable.

Abidjan, Cocody-2 Plateaux, carrefour ENA. Il est un peu plus de 20 heures ce vendredi 20 février 2026 lorsque la Police nationale, appuyée par la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC), lance une opération nocturne ciblée sur les fausses plaques d’immatriculationet les véhicules en infraction. Sur cet axe stratégique de la capitale économique, les équipes contrôlent, vérifient et immobilisent les contrevenants.

Moins de 10 minutes après le début de l’intervention, une Audi personnelle attire l’attention des agents. Elle est vite interceptée. Selon les premiers constats, le véhicule circule sans pièces conformes et avec des plaques “WW” interdites hors cadre réglementaire. La procédure est engagée : retrait des plaques et transfert vers la fourrière.

Échange vif sous les projecteurs
Alors que le véhicule est en train d’être chargé, un sénateur arrive sur les lieux. Il descend de son véhicule et se dirige vers le directeur général de la DGTTC, Oumar Sacko, présent pour superviser le dispositif.

Devant les journalistes et les forces de l’ordre, l’élu conteste la mesure. « La loi, c’est nous qui l’avons faite », lance-t-il, estimant que l’automobile ne peut être saisie ainsi.

Selon ses propres déclarations, celle-ci cumulerait près de 3 millions de FCFA d’amendes liées à la vidéo-verbalisation. Il estime toutefois que la mesure est excessive.

En face, le directeur général de la DGTTC, Oumar Sacko, garde son calme. Peu expansif, il rappelle le principe appliqué dorénavant: tolérance zéro. « Ceux qui font la loi doivent être les premiers à la respecter », glisse-t-il. « Mais je suis sénateur », réagit l’homme. « C’est justement parce que vous êtes sénateur que votre véhicule ira à la fourrière », assène M. Sacko.

Le ton monte. « Je m’en fous, s’énerve le sénateur. Si vous voulez, envoyez à la fourrière. C’est vous-même qui allez me ramener la voiture chez moi. » Ce à quoi Oumar Sacko répond « ce ne sera pas moi. »

Malgré l’insistance du sénateur et ses nombreux coups de fil passés, la décision ne change pas. Le directeur général demeure serein et imperturbable. L’Audi est acheminée vers la fourrière, conformément à la procédure.

Un dispositif renforcé
Interrogé au cours de l’opération, Oumar Sacko précise le cadre : « Le préfet de police d’Abidjan a déployé des équipes dans la commune de Cocody. Nous sommes venus en soutien pour apporter l’expertise technique nécessaire et faciliter la tâche à la Police nationale. »

Depuis le début de la semaine, entre Police et Gendarmerie, 350 à 400 véhicules auraient été interpellés. Environ 100 voitures civiles et 75 administratives ont été mises en fourrière.

Rien que pour la soirée, le point fait état de 111 véhicules contrôlés, 34 plaques banalisées retiréeset 5 véhicules particuliers placés en fourrière.

Le commissaire de police de première classe Konaté Issa, chef du bureau central des amendes, souligne que l’opération se déroule sur instruction du directeur général de la Police nationale. Plusieurs unités sont mobilisées, dont le Groupement mobile d’intervention (GMI), l’UMSR et les services de régulation de la circulation.

« L’intolérance zéro signifie que, malgré les campagnes de sensibilisation, nous devons désormais réguler avec fermeté le comportement des usagers », explique-t-il. Les véhicules arrêtés ne seront restitués qu’après paiement intégral des amendes, notamment celles liées à la vidéo-verbalisation. « Certains cachent leurs plaques pour échapper aux radars. Cela ne passera plus », avertit-il.

Accidents en hausse, priorité aux deux-roues
Cette intensification des contrôles intervient dans un contexte alarmant. Depuis le 1er janvier 2026, les routes ivoiriennes ont enregistré 519 accidents, causant 164 morts et 1 934 blessés, soit en moyenne quatre décès par jour.

Selon le DGTTC, près de 33 à 35 % des victimes sont des usagers de deux ou trois roues, souvent en raison du non-port du casque. Les autorités annoncent un élargissement prochain des contrôles à ces catégories, aussi bien à Abidjan que sur les axes interurbains et à l’intérieur du pays.

« Nous continuons la sensibilisation en même temps que la répression. Les Ivoiriens peuvent être disciplinés s’ils le veulent. Stop à l’incivisme sur la route », martèle Oumar Sacko.

Sur le terrain, l’image d’un sénateur en colère face à un directeur général impassible marque les esprits. Mais au-delà de l’incident, le message des autorités est clair : la rigueur engagée vise à freiner l’hécatombe routière. Et dans cette nouvelle phase, nul n’est au-dessus des règles.

 

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